21 janvier 2021

Tout s'explique

Un plan d’investissement pour les technologies quantiques

Qu’est-ce que l’informatique quantique ?

Emmanuel Macron a annoncé aujourd’hui un plan d’investissement public-privé de 1,8 milliard d’euros (dont un milliard pour l'État) sur cinq ans dans les technologies quantiques, dont l’informatique quantique, pour placer la France parmi « les trois premiers mondiaux » dans ce domaine. Dans l’informatique classique, les informations sont stockées sous la forme de bits, un élément prenant la forme d’un « 0 » ou d’un « 1 », tandis que les qubits, leur équivalent en informatique quantique, peuvent être à la fois « 0 » et « 1 ». Cette propriété permet de réaliser un nombre considérable de calculs à la fois. Un ordinateur quantique pourrait servir à inventer des molécules, simuler de nouveaux matériaux ou encore résoudre des problématiques liées à la logistique, explique sur son site l’Inria, un institut de recherche public. La technologie n’étant pas complètement maîtrisée, l’ordinateur quantique commet encore davantage d’erreurs que les ordinateurs classiques, note l’Inria.

Que font les autres pays dans ce domaine ?

L’Allemagne a elle aussi annoncé un plan d’investissement dans les technologies quantiques en juin dernier, pour un montant de 2 milliards d’euros. L’Union européenne a mis en place, en octobre 2018, un fonds d’un milliard d’euros destiné à financer pendant 10 ans plus de 5 000 chercheurs européens dans ce domaine. Comme dans l’informatique classique, l’Europe a pris du retard par rapport aux États-Unis, à la Chine et au Japon. 500 brevets concernant l’informatique quantique ont été déposés aux États-Unis entre 1991 et 2017, 200 au Japon contre un peu plus de 100 dans l’UE et en Suisse, selon une étude publiée en 2019 par la Commission européenne. Le mois dernier, des chercheurs de l’université technologique de Hefei en Chine ont annoncé avoir mis au point un ordinateur quantique capable de réaliser un calcul a priori impossible avec un ordinateur classique.

Quels plans de développement de l’informatique la France a-t-elle lancés par le passé ?

En 1966, le général de Gaulle a lancé le « plan Calcul », dont l’objectif était de bâtir une industrie française de l’informatique. Ce plan a entraîné la création de la Compagnie internationale pour l’informatique (CII), une entreprise privée issue de la fusion de trois sociétés d’informatique existantes. Son rôle était de fabriquer des ordinateurs en France, afin de rivaliser avec la concurrence étrangère. En 1975, la CII a fusionné avec la société américaine Honeywell Bull, entraînant la fin du projet français. En 1985, le Premier ministre, Laurent Fabius, a présenté le « plan informatique pour tous » qui visait à installer 120 000 micro-ordinateurs dans les écoles du pays et à former 110 000 enseignants au « langage informatique ». Ce plan a permis au fabricant français Thomson, choisi par le gouvernement, d’augmenter fortement sa production de micro-ordinateurs, avant que sa branche informatique ne ferme en 1989 après plusieurs échecs commerciaux.