5 février 2021

Tout s’explique

Joe Biden veut mettre fin au soutien américain à l’offensive au Yémen

Qu’a annoncé Joe Biden ?

Lors de son premier discours sur la politique étrangère, le président des États-Unis, Joe Biden, a déclaré hier soir que la guerre au Yémen devait « cesser ». Il a annoncé la « fin de tout soutien américain aux opérations offensives dans la guerre au Yémen, y compris les ventes d’armes concernées ». Les États-Unis sont impliqués depuis 2015 dans ce conflit et fournissent un soutien en matière de logistique et de renseignement aux opérations militaires de la coalition internationale menée par l’Arabie Saoudite. Le président du groupe d’experts mandatés par l’ONU au Yémen affirmait en septembre 2020 que « la fourniture continue d’armes aux parties perpétue le conflit et prolonge la souffrance du peuple yéménite ». Joe Biden a apporté son soutien à un cessez-le-feu sous l’égide de l’ONU et à la restauration de discussions de paix « depuis longtemps en sommeil ». En avril 2019, son prédécesseur, Donald Trump, avait mis son veto à une résolution du Congrès américain exigeant l’arrêt du soutien des États-Unis à l’offensive au Yémen.

Quelle est la situation au Yémen ?

Près de six ans après son lancement, l’offensive menée par la coalition dirigée par l’Arabie saoudite se heurte toujours à la résistance des rebelles houthis, soutenus par l’Iran. Les combats se sont accentués en 2020. Le Yemen Data Project, un projet mené par des Yéménites, a recensé en moyenne 180 frappes aériennes par mois, presque le double de celles qu’il avait comptabilisées en 2019. En décembre dernier, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU notait que le conflit était passé de 33 lignes de front à 47. Il soulignait que le conflit avait causé depuis 2015 environ 233 000 morts, dont « 131 000 de causes indirectes comme le manque de nourriture, de services de santé et d’infrastructures ». Dès mars 2017, le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires de l’ONU avait déclaré que le conflit avait provoqué la « pire crise humanitaire au monde ».

Quelles sont les raisons de ce conflit ?

En 2011, un mouvement révolutionnaire renverse le président du Yémen, Ali Abdallah Saleh. Impliqués dans cette contestation, les Houthis, un clan du nord-ouest du pays observant une forme d’islam chiite, ne sont pas associés au régime de transition mis en place après le départ du président. Ils se voient imposer un partage territorial qu’ils jugent désavantageux. Ils lancent une offensive en 2014 et prennent le contrôle de la capitale Sanaa. En 2015, le conflit devient international avec le lancement d’une opération militaire par l’Arabie Saoudite pour contrer l’avancée des Houthis. Elle constitue une coalition avec neuf pays arabes sunnites, appuyée par les États-Unis. En janvier 2018, le groupe d’experts mandatés par l’ONU au Yémen expliquait qu’avec la présence de séparatistes et de djihadistes il existait sur place « une myriade de petits États qui se font la guerre ».