15 février 2021

Tout s'explique

Le nouveau gouvernement en Italie de Mario Draghi

Qui compose le nouveau gouvernement italien ?

L’ex-président de la Banque centrale européenne Mario Draghi a prêté serment samedi comme chef du gouvernement italien. Après plus d’une semaine de tractations afin d’obtenir une majorité parlementaire, il doit se présenter mercredi et jeudi devant les deux chambres du Parlement pour obtenir un vote de confiance. Son gouvernement de coalition présenté vendredi soir comprend tous les principaux partis représentés au Parlement, tels que le Mouvement 5 étoiles (antisystème), la Ligue (anti-immigration), Forza Italia (droite) et le Parti démocrate (centre gauche). Seul le parti Fratelli d’Italia (extrême droite) a refusé de lui accorder son soutien. Sur les 23 ministres du gouvernement Draghi, 15 sont issus de six partis politiques et huit ont un profil d’expert.

Comment expliquer l’instabilité politique en Italie ?

Mario Draghi succède à Giuseppe Conte, qui a démissionné fin janvier parce que le retrait d’un des partis de sa coalition le privait de sa majorité parlementaire. Il s’agit du 67e gouvernement depuis que l’Italie est devenue une République en 1946 et du septième en 10 ans. L’instabilité politique en Italie s’explique en partie par son système politique : les deux chambres du Parlement accordent toutes deux leur confiance au gouvernement et ont le pouvoir de la révoquer par le vote d’une motion. L’élection des parlementaires à la proportionnelle a favorisé la présence de petits partis dans l’hémicycle et rendu difficile la constitution d’une majorité. Une nouvelle loi électorale promulguée en 2017 a instauré un système mixte : un tiers du Parlement est élu lors d’un scrutin uninominal majoritaire à un tour et les deux tiers lors d’un scrutin proportionnel. Ce nouveau système censé favoriser les coalitions n’a toutefois pas permis de dégager une majorité lors des dernières élections de 2018.

Quelle est la situation économique du pays ?

L’Italie a été l’un des pays les plus touchés par la crise du Covid-19. Son PIB (la production totale de biens et services) a reculé de 8,8 % en 2020, selon des chiffres provisoires publiés la semaine dernière par la Commission européenne. Sa dette publique s’est aggravée, atteignant plus de 154 % de son PIB au troisième trimestre, selon l’institut européen de statistiques Eurostat. Ces difficultés se sont superposées à une situation déjà difficile. Depuis la crise économique de 2008, l’Italie a alterné des périodes de récession et des périodes de faible croissance, ne dépassant jamais 1,7 % par an, selon les chiffres du FMI, un organisme chargé de garantir la stabilité financière mondiale. Le gouvernement italien a adopté le mois dernier un plan de relance de plus de 222 milliards d’euros. L’Italie doit recevoir 209 milliards d’euros de prêts et de subventions grâce au plan de relance européen, ce qui en fait la principale bénéficiaire de ce plan de 750 milliards d’euros décidé en juillet en réponse à la crise sanitaire.

POUR ALLER PLUS LOIN

Les explications de la dernière crise politique italienne sur le site de l’Institut de relations internationales et stratégiques.