23 février 2021

Tout s'explique

Des mesures annoncées contre la précarité menstruelle

Qu’a annoncé la ministre Frédérique Vidal ?

La ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a annoncé aujourd’hui la mise à disposition de protections hygiéniques gratuites pour les étudiantes. Courant mars, « les résidences universitaires et les services de santé universitaires seront équipés en distributeurs de protections hygiéniques gratuites et respectueuses de l’environnement », a affirmé le ministère. Frédérique Vidal a fixé comme objectif le déploiement de 1 500 distributeurs de protections hygiéniques « sur l’ensemble des campus » à la rentrée 2021. Cette annonce intervient dans un contexte d’aggravation de la précarité chez les étudiants. L’Observatoire national de la vie étudiante, un organisme de recherche, a estimé en septembre qu’un tiers des étudiants qui exerçaient une activité rémunérée ont dû l’interrompre, subissant ainsi une perte de revenus, en raison des restrictions sanitaires liées à l’épidémie de Covid-19.

Qu’est-ce que la précarité menstruelle ?

Une personne est en situation de précarité menstruelle lorsqu’elle rencontre des difficultés, financières ou d’accès, pour se procurer des protections hygiéniques et des produits d’hygiène pour ses règles. Selon un sondage Ifop réalisé en février 2019 pour le réseau caritatif Dons solidaires, la précarité menstruelle concerne 1,7 million de personnes en France. Un autre sondage réalisé fin 2020 auprès de 6 518 étudiantes par des organisations étudiantes, dont la Fage, révèle qu’un tiers des personnes interrogées estime « avoir besoin d’une aide pour se procurer des protections ». 13 % des répondantes déclarent aussi « avoir déjà dû choisir entre des protections et un autre objet de première nécessité ». L’utilisation prolongée d’une protection ou d’une solution alternative faite maison (papier toilette, chiffon) augmente le risque de choc toxique, une maladie infectieuse causée par la diffusion dans l’organisme d’une bactérie.

Quelles mesures ont déjà été prises dans ce domaine ?

En France, la première mesure concernant la précarité menstruelle a été la baisse du taux de TVA sur les protections hygiéniques de 20 % à 5,5 % en 2015. En octobre 2019, un rapport parlementaire, remis au gouvernement, recommandait d’expérimenter la mise à disposition de protections hygiéniques gratuites dans les lieux fréquentés par les personnes précaires. Des universités, à Rennes, Lille ou Paris, ont déjà proposé des protections gratuites à leurs étudiantes. En décembre dernier, le gouvernement a alloué 5 millions d’euros à la lutte contre la précarité menstruelle pour l’année 2021, en donnant une priorité aux femmes incarcérées, à celles en situation de précarité et aux élèves des collèges et lycées en éducation prioritaire. En novembre, l’Écosse a garanti l’accès gratuit à des protections hygiéniques pour toute personne en ayant besoin. La Nouvelle-Zélande s’est engagée jeudi à mettre à disposition des protections dans tous les établissements scolaires à compter de juin.

POUR ALLER PLUS LOIN

L’étude sur la précarité menstruelle [PDF] réalisée par des organisations étudiantes.