8 mars 2021

Tout s’explique

L’égalité salariale dans les entreprises en légère progression

Qu’est-ce que l’index de l’égalité professionnelle ?

Le ministère du Travail a publié aujourd’hui la dernière édition de l’index de l’égalité professionnelle. Cet index annuel oblige les entreprises à mesurer l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes. Instauré progressivement depuis 2018, il concerne les entreprises d’au moins 50 salariés. L’index leur attribue une note sur 100 en fonction de plusieurs critères, comme la répartition des augmentations et la proportion de femmes parmi les plus hauts salaires. Cette année, la note moyenne des entreprises a augmenté d’un point par rapport à l’an dernier et atteint 85 points. Seules 2 % des entreprises ont la note maximale de 100 points et une cinquantaine d’entreprises enregistrent une note inférieure à 75 pour la troisième année consécutive. En cas de note inférieure à 75, l’entreprise dispose de trois ans pour prendre des mesures correctives, sous peine de sanctions financières. Depuis 2019, l’inspection du travail a procédé à plus de 17 000 contrôles et dressé 11 pénalités financières.

Comment a évolué l’écart salarial en France ?

L’écart de salaire entre les femmes et les hommes s’est progressivement réduit en France ces dernières décennies. Les femmes salariées du secteur privé gagnaient en moyenne 16,8 % de moins que les hommes en équivalent temps plein, c’est-à-dire pour un même volume de travail, en 2017, selon les chiffres publiés en juin par l’institut national de statistiques Insee. Cet écart était de 21,1 % en 1997 et de 19,3 % en 2007. L’Insee explique que l’écart de salaire provient majoritairement du fait que les femmes n’occupent pas les mêmes postes que les hommes. Pour un même poste, au sein d’une même entreprise et pour la même profession, l’écart de salaire moyen en équivalent temps plein se réduit à 5,3 % dans le secteur privé en 2017. Par ailleurs, les femmes accèdent moins aux emplois les mieux rémunérés, souligne l’Insee. Aux écarts de salaire s’ajoutent des inégalités en volumes de travail : les femmes sont plus souvent à temps partiel et moins souvent en emploi dans l’année que les hommes.

Où se situent les autres pays de l’UE ?

En 2019, l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes était de 14,1 % dans l’Union européenne (sans le Royaume-Uni), selon les données mises à jour en février par l’office de statistiques de l’Union européenne Eurostat. D’après la méthodologie d’Eurostat, qui diffère de celle de l’Insee, cet écart est de 16,5 % en France. L’écart de rémunération entre les femmes et les hommes est le plus important en Estonie, en Lettonie et en Autriche, où il est de près de 20 % ou plus. À l’inverse, il est le plus faible au Luxembourg, en Roumanie et en Italie, où il est inférieur à 5 %. La Commission européenne précise qu’un faible écart salarial ne reflète pas systématiquement une meilleure situation des femmes : en Italie, par exemple, les femmes les moins qualifiées sont moins nombreuses à travailler, ce qui fait artificiellement monter la moyenne des salaires des femmes. Près de 30 % des femmes dans l’UE travaillent à temps partiel, soulignait la Commission européenne en mars 2020.

POUR ALLER PLUS LOIN

L’index de l’égalité professionnelle sur le site du ministère du Travail.

Une infographie d’Eurostat sur l’écart salarial dans l’UE (en anglais).