12 mars 2021

Tout s’explique

La France a mené son premier exercice militaire spatial

En quoi consiste l’exercice militaire spatial AsterX ?

Emmanuel Macron a présidé aujourd’hui une réunion avec le Commandement de l’espace, une branche de l’Armée de l’air et de l’espace, à l’issue du premier exercice militaire spatial français, au Centre spatial de Toulouse. Baptisé AsterX, cet entraînement a permis pendant une semaine de tester les capacités de l’armée à protéger les satellites français « en cas d’attaque, d’entrée dans l’atmosphère de débris dangereuse ou encore lors de la détection d’un satellite espion », a expliqué le Centre national d’études spatiales, l’agence spatiale française, qui a collaboré à l’exercice, tout comme plusieurs pays alliés, dont l’Allemagne et les États-Unis. Le scénario de cette simulation de crise spatiale internationale par ordinateur consistait à déjouer l’attaque d’un satellite par un satellite ennemi. « Il faut avoir des moyens d’action si jamais on voit qu’il y a des dangers qui pèsent sur nos capacités ou celles de nos alliés », a expliqué aujourd’hui l’Élysée à l’AFP.

Quelles sont les capacités militaires spatiales de la France ?

Le ministère des Armées a créé en septembre 2019 le Commandement de l’espace, chargé de la mise en œuvre de la politique spatiale militaire. Il a intégré l’Armée de l’air, devenue en septembre dernier l’Armée de l’air et de l’espace. Doté d’une équipe de 220 personnes à sa création, le Commandement de l’espace doit augmenter son effectif à 500 personnes d’ici 2025, selon le ministère. La France prévoit plus de 4 milliards d’euros d’investissement dans la défense spatiale d’ici 2025, par exemple pour renforcer ses moyens de surveillance et se doter de capacités d’autodéfense. La ministre des Armées, Florence Parly, avait révélé en 2018 qu’un satellite espion russe s’était approché d’un satellite franco-italien servant à des communications militaires pour tenter de les « capter ».

Quels pays développent leurs capacités militaires dans l’espace ?

Les grandes puissances mondiales augmentent leurs dépenses militaires dans le domaine spatial. Aux États-Unis, l’ex-président Donald Trump a annoncé fin 2019 la création d’une « Space Force », dont l’un des objectifs est de « protéger les intérêts des États-Unis et de leurs alliés dans l’espace ». En juillet, le Commandement de cette nouvelle force a accusé la Russie d’avoir testé une arme antisatellite, dénonçant un « comportement inquiétant ». La Russie a répondu que les tests réalisés « ne violaient aucune norme ni principe de droit international ». La Chine est quant à elle devenue en 2007 le troisième pays, après les États-Unis et l’URSS, à détruire un objet dans l’espace en procédant au tir d’essai d’un missile contre un de ses satellites obsolètes. La majorité des programmes spatiaux chinois sont contrôlés par l’armée, explique le chercheur Marc Julienne, dans une publication de l’Institut français des relations internationales. L’Inde a annoncé avoir testé avec succès un missile antisatellite en 2019.

POUR ALLER PLUS LOIN

Le détail de l’exercice AsterX sur le site du ministère des Armées.

Les enjeux de l’exercice AsterX expliqués par un chercheur sur France Culture.