7 avril 2021

Tout s'explique

La production de vaccins débute en France

Comment la France compte-t-elle améliorer son approvisionnement en vaccins ?

Face à l’accumulation de retards dans les livraisons de doses fabriquées à l’étranger en début d’année, la France mise sur des stratégies complémentaires pour l’approvisionnement. Les premiers vaccins produits sur le sol français ont été mis en flacon aujourd’hui au sein d’une usine de l’entreprise Delpharm, située en Eure-et-Loir, pour le compte de l’alliance Pfizer-BioNTech. Le produit sera ensuite distribué aux pays de l’UE, a annoncé aujourd’hui Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l’Industrie. D’autres entreprises doivent également commencer ces prochains mois la production sur le sol français, comme le suédois Recipharm pour le compte de l’américain Moderna ou encore le français Sanofi pour Janssen, filiale belge de l’américain Johnson & Johnson. Au total, la France devrait être en capacité de produire 250 millions de doses d’ici la fin de l’année, selon la ministre.

Où en est la campagne de vaccination en France ?

Au 5 avril, 3,1 millions de personnes, soit moins de 5 % de la population française, avaient reçu deux doses de vaccin, et près de 14 % des habitants au moins une dose, d’après les chiffres du gouvernement. Le nombre de doses inoculées par jour est en augmentation depuis début mars (voir nos graphiques). Emmanuel Macron s’est engagé le 25 mars à ce que tous les Français adultes qui le souhaitent soient vaccinés avant la fin de l’été. Cet objectif est compliqué par la défiance de la population envers le vaccin de l’entreprise britannique AstraZeneca, dont l’utilisation a été suspendue pendant quelques jours en mars dans plusieurs pays après des cas graves de caillots sanguins. Lors d’une vaccination à Calais samedi, 550 doses du vaccin n’ont pas trouvé preneurs, selon la maire de la ville. L’Agence européenne des médicaments, chargée de l’évaluation des médicaments dans l’Union européenne, a estimé aujourd’hui que ces cas de caillots sanguins devraient être répertoriés comme des effets secondaires du vaccin, quoique « très rares », et a réaffirmé que la balance bénéfice-risque restait « positive ».

La vaccination des enfants est-elle nécessaire ?

L’Institut Pasteur, spécialisé dans les maladies infectieuses, a publié hier une étude dans laquelle il estime que selon certains modèles, « il faudrait que plus de 90 % des adultes soient vaccinés pour qu’un relâchement complet des mesures de contrôle soit envisageable » à l’automne. Il suggère ainsi de recourir également à la vaccination des enfants pour ne pas avoir à atteindre des niveaux de vaccination aussi élevés chez les adultes. Actuellement, les mineurs ne font pas partie de la stratégie vaccinale de la France, car les essais cliniques des laboratoires n’incluaient pas de participants âgés de moins de 16 ans. Moderna et Pfizer ont cependant annoncé en mars le lancement d’essais cliniques chez des enfants âgés de 6 mois à 12 ans. Pfizer teste par ailleurs depuis octobre son vaccin auprès d’adolescents âgés de 12 à 15 ans.

POUR ALLER PLUS LOIN

L’étude de l’Institut Pasteur sur la vaccination en France.