8 avril 2021

Tout s’explique

Une première commande de trains à hydrogène pour la France

Pourquoi la SNCF a-t-elle commandé des trains à hydrogène ?

La SNCF a annoncé aujourd’hui avoir passé commande au groupe Alstom de 12 trains régionaux à hydrogène, pour un montant total de 190 millions d’euros. La compagnie ferroviaire publique explique que « cette première nationale contribue à l’ambition de transition énergétique visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre et le bruit ». L’entreprise compte utiliser ces trains dans quatre régions françaises (Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Grand Est et Occitanie) pour de premiers essais de circulation prévus fin 2023 ou début 2024. Ces rames rouleront grâce à une pile à combustible alimentée par un mélange d’air et d’hydrogène stocké dans des réservoirs et elles pourront également rouler à l’électricité sur les portions électrifiées du réseau ferroviaire. Le gouvernement français a annoncé en septembre un plan de soutien à l’hydrogène décarboné de 7 milliards d’euros sur 10 ans.

D’autres pays misent-ils sur l’hydrogène ?

Le gouvernement allemand a présenté l’an dernier un plan de 9 milliards d’euros d’investissement dans l’hydrogène décarboné, c’est-à-dire dont la production ne rejette pas de gaz à effet de serre. En 2018, le pays a été le premier au monde à inaugurer, en Basse-Saxe, deux trains à hydrogène, également construits par le français Alstom. Un an plus tôt, la Chine annonçait avoir lancé, dans le nord-est du pays, le premier tramway alimenté à l’hydrogène au monde. D’autres pays misent sur le développement de l’hydrogène, en particulier décarboné, dans les prochaines années, comme les Pays-Bas, où un consortium d’entreprises développe un parc de production d’hydrogène à partir d’énergie éolienne, et l’Australie, où un immense projet de parc éolien et solaire de 6 500 kilomètres carrés doit être construit à partir de 2026.

Quelles difficultés présente ce carburant ?

L’hydrogène étant un gaz volatile et inflammable, il doit être bien isolé. Ces systèmes de stockage sont chers et rendent le recours à l’hydrogène coûteux, explique sur son site l’IFPEN, un institut de recherche. Très abondant sur Terre, l’hydrogène se trouve dans l’eau et dans les hydrocarbures (pétrole, gaz, charbon), desquels il doit être extrait pour être utilisé. La méthode la plus répandue actuellement consiste à le dissocier des hydrocarbures, ce qui libère du CO2. Une autre, appelée électrolyse de l’eau, permet d’extraire l’hydrogène de l’eau sans émettre de CO2 en y faisant passer un courant électrique (qui peut être lui-même d’origine décarbonée). Le processus de production par électrolyse est plus coûteux. Lors de la présentation du plan de soutien à l’hydrogène l’an dernier, les ministères français de l’Économie et de la Transition écologique ont indiqué vouloir « favoriser un passage rapide à l’échelle industrielle pour permettre une baisse significative des coûts de production ».

POUR ALLER PLUS LOIN

Notre dossier sur les usages de l’hydrogène.

L’usage de l’hydrogène comme énergie expliqué en vidéo par Le Figaro.