9 avril 2021

Tout s’explique

L’Irlande du Nord confrontée à de nouvelles violences

Pourquoi le Brexit a-t-il ravivé les tensions en Irlande du Nord ?

Des émeutes ont lieu depuis une dizaine de jours en Irlande du Nord, une nation constitutive du Royaume-Uni. Ces violences, qui émanent principalement des « unionistes »,  favorables au maintien du territoire dans le Royaume-Uni, ont fait au moins 55 blessés parmi les forces de l’ordre, a déclaré hier la ministre de la Justice d’Irlande du Nord. Elle estime que ces émeutes sont principalement liées au mécontentement concernant le Brexit. Les unionistes protestent contre la frontière commerciale mise en place de fait entre l’Irlande du Nord et la Grande-Bretagne dans le cadre de l’accord sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, effective depuis le 1er janvier. Cette solution avait pour but d’éviter de rétablir une frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande.

Quels autres facteurs ont alimenté les tensions ?

L’entrée en vigueur du Brexit a ravivé les tensions déjà existantes entre les unionistes et les républicains (partisans d’une réunification avec la République d’Irlande). Plusieurs centaines de membres des deux camps se sont affrontés à plusieurs reprises à coups de projectiles depuis mercredi soir à Belfast, la principale ville d’Irlande du Nord. Les émeutes interviennent quelques jours après que les autorités nord-irlandaises ont décidé de ne pas engager de poursuites contre 24 responsables du Sinn Fein, parti de gauche militant pour la réunion des deux Irlande. Ceux-ci avaient assisté à l’enterrement d’un ancien membre de l’organisation paramilitaire nationaliste IRA, en juin dernier, malgré les restrictions sanitaires dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19 interdisant ce type de rassemblements.

Quel conflit a opposé républicains et unionistes dans le passé ?

Des affrontements ont opposé entre 1968 et 1998 unionistes protestants et républicains catholiques en Irlande du Nord. Les premiers heurts ont éclaté en 1968, dans un quartier catholique de Londonderry, deuxième ville du territoire, où la police a réprimé violemment une manifestation pacifique de républicains catholiques. Dans les années suivantes, l’organisation paramilitaire nationaliste IRA a revendiqué plusieurs attentats et le Royaume-Uni a déployé l’armée en Irlande du Nord. En 1972, lors du « Bloody Sunday », la répression d’une manifestation de républicains a entraîné la mort de 14 personnes et les institutions nord-irlandaises ont été suspendues par le Royaume-Uni. L’accord du Vendredi Saint, signé à Belfast en 1998, a mis fin à ce conflit qui a fait plus de 3 500 morts, selon une estimation de l’université nord-irlandaise d’Ulster.

POUR ALLER PLUS LOIN

Une vidéo de la BBC sur les violences en Irlande du Nord.