23 avril 2021

Tout s’explique

Une nouvelle mission vers la Station spatiale internationale

Quel est l’objectif de la mission qui a été lancée aujourd’hui ?

Une fusée de l’entreprise américaine SpaceX a décollé ce matin de la base de Cap Canaveral, aux États-Unis, et a envoyé une capsule spatiale en direction de la Station spatiale internationale (ISS), où son arrivée est prévue demain matin. Elle emmène quatre astronautes, dont deux de la Nasa (l’agence spatiale américaine), un Japonais et le Français Thomas Pesquet, dont ce sera le deuxième séjour dans l’ISS. D’une durée prévue de six mois, cette mission baptisée « Alpha » doit permettre de conduire de nombreuses expériences scientifiques, « de la recherche sur l’homme à la recherche sur les radiations », explique le Centre national d’études spatiales (Cnes), l’agence spatiale française, qui a supervisé 12 de ces expériences. L’une d’elles portera sur le vieillissement, accéléré dans l’espace, des cellules de cerveau humain. Les résultats de ces études pourraient, selon le Cnes, « permettre de mieux comprendre certaines maladies génétiques ».

À quoi sert l’ISS ?

Lancée en 1998 à l’initiative des États-Unis, l’ISS est cogérée par les agences spatiales américaine, russe, européenne, japonaise et canadienne. Sa fonction principale est, d’après la Nasa, de « soutenir la recherche scientifique » dans ce laboratoire aux conditions atypiques, où la pesanteur est très faible et les radiations plus élevées. Certains scientifiques estiment cependant que l’ISS a surtout une fonction géopolitique, à l’instar de l’astrophysicien François Forget : « On n’engage pas ce genre de moyens uniquement pour de la recherche. Il y a toute une portée symbolique », a-t-il déclaré cette semaine au journal Marianne. L’astronaute Patrick Baudry, l’un des premiers Français à partir dans l’espace en 1985, a pour sa part critiqué dans Le Parisien « les sommes colossales dépensées » dans le maintien de l’ISS au détriment, selon lui, d’autres projets comme l’établissement d’une base lunaire.

Que doit devenir l’ISS ?

En 2014, l’exécutif américain a annoncé renouveler la période d’exploitation de l’ISS jusqu’en 2024. L’avenir de la station au-delà de cette date est incertain, mais sa durée de vie étant « d’une trentaine d’années », selon le Cnes, l’obsolescence des équipements pourrait rendre dangereuses de futures missions. C’est en invoquant cet argument que l’agence spatiale russe a annoncé cette semaine son intention de se désengager de l’ISS en 2025 et de construire sa propre station spatiale. L’ex-président américain Donald Trump a signé en 2017 une directive qui prévoit de « réorienter » les activités spatiales de la Nasa vers l’exploration humaine de l’espace, notamment de la planète Mars. Plusieurs scénarios sont envisagés pour l’avenir de l’ISS, comme transférer sa gestion au secteur privé ou la faire chuter de son orbite pour qu’elle se désintègre. Cette dernière option serait risquée : « La structure est très grosse », a expliqué cette semaine à Libération Sébastien Barde, sous-directeur Science et Exploration au Cnes, pour qui des morceaux risqueraient d’« atterrir sur la moitié du globe ».

POUR ALLER PLUS LOIN

Voir le décollage sur la chaîne Youtube Figaro Live.

Le reportage de RFI sur quelques-unes des expériences scientifiques qui seront menées à bord de l’ISS.