29 avril 2021

Tout s’explique

Les 100 premiers jours au pouvoir de Joe Biden aux États-Unis

Qu’a annoncé Joe Biden hier ?

Le président des États-Unis, Joe Biden, a prononcé hier soir son premier discours devant le Congrès (les deux chambres du Parlement), à la veille de son 100e jour au pouvoir. Il s’agit d’une tradition pour les présidents en début de mandat. « L’Amérique va de nouveau de l’avant », a-t-il déclaré, en référence à sa gestion de la crise sanitaire et économique liée au Covid-19. Joe Biden s’est félicité de l’avancée de la vaccination aux États-Unis, où près de 30 % des habitants sont complètement vaccinés, selon l’agence fédérale américaine de contrôle et de prévention des maladies. Le président a également annoncé un « projet pour les familles américaines » comprenant la gratuité des premières années d’école maternelle et la prolongation de crédits d’impôt pour les familles avec enfant. Pour en assurer le financement, il a annoncé une réforme fiscale prévoyant des augmentations d’impôts pour les Américains les plus riches. Il avait déjà annoncé fin mars une augmentation de l’impôt sur les sociétés.

De quelle marge de manœuvre dispose-t-il au Congrès ?

Le Parti démocrate ne dispose que d’une courte majorité à la Chambre des représentants (218 sièges contre 212 pour le Parti républicain) et au Sénat, qui compte 50 sénateurs républicains, 48 démocrates et deux indépendants siégeant avec les Démocrates. En cas d’égalité parfaite au Sénat, la vice-présidente, Kamala Harris, qui est également présidente de cette chambre parlementaire, peut trancher. Si une majorité qualifiée de 60 sénateurs est requise pour faire adopter une loi sans que l’opposition puisse la bloquer, la majorité simple est suffisante pour les dispositions d’ordre budgétaire, comme c’est le cas du « projet pour les familles américaines » annoncé hier par Joe Biden. C’est ainsi que l’exécutif américain a fait adopter son plan de soutien à l’économie en mars. La marge de manœuvre de Joe Biden demeure malgré tout étroite, d’autant plus qu’un sénateur démocrate, Joe Manchin, s’est déclaré hier « très mal à l’aise » vis-à-vis des dépenses impliquées par les plans de relance élaborés par l’exécutif américain.

Quelle est la politique étrangère de l’exécutif américain vis-à-vis de la Chine ?

Joe Biden a évoqué à plusieurs reprises hier la concurrence entre son pays et la Chine, qui était le premier partenaire commercial des États-Unis en 2020, selon le Census Bureau, un organisme public de statistiques américain. Le président américain a annoncé s’être entretenu avec son homologue chinois, Xi Jinping, et lui avoir signalé que les États-Unis s’opposeraient aux « pratiques commerciales déloyales » et aux violations des « droits humains fondamentaux ». Sylvie Matelly, directrice adjointe de l’Institut de relations internationales et stratégiques, un centre de réflexion, estime dans un article publié sur le site de l’institut, que la rivalité des États-Unis avec la Chine est « comme pour la précédente administration, un facteur structurant », mais que les dirigeants des deux pays ont désormais des intérêts communs, en particulier dans la lutte contre le changement climatique.

POUR ALLER PLUS LOIN

Des extraits du discours de Joe Biden devant le Congrès sur le site du Figaro.