30 avril 2021

Tout s’explique

Les conditions du déconfinement en France

Comment les professionnels de santé réagissent-ils aux assouplissements annoncés par l’exécutif ?

Plusieurs professionnels de santé ont manifesté ces dernières heures leur inquiétude après l’annonce par Emmanuel Macron hier du calendrier envisagé pour assouplir les mesures sanitaires contre le Covid-19 en quatre étapes successives du 3 mai au 30 juin. « La réalité des indicateurs de suivi de l’épidémie doit nous alerter collectivement sur les risques d’un déconfinement précipité », a déclaré la Fédération hospitalière de France, qui représente plus de 1 000 hôpitaux publics, dans un communiqué. 5 800 personnes étaient hier en réanimation pour cause de Covid-19, selon le ministère de la Santé. En novembre, le gouvernement avait fixé à moins de 3 000 personnes en réanimation le nombre minimum pour mettre fin au deuxième confinement. Patrick Goldstein, chef du pôle de l’urgence au centre hospitalier universitaire de Lille, a quant à lui jugé le calendrier de réouverture « raisonnable », à condition que tout le monde soit « responsable ».

Où en est la campagne de vaccination en France ?

6,3 millions de personnes, soit un peu plus de 9 % de la population française, étaient complètement vaccinées au 28 avril, selon le gouvernement, un pourcentage supérieur à celui de l’Allemagne (où un peu moins de 8 % de la population est complètement vaccinée), mais bien en deçà de celui du Royaume-Uni, qui compte 21,7 % d’habitants vaccinés. Ouverte jusqu’ici aux professions les plus exposées au virus et aux personnes de plus de 55 ans, la campagne de vaccination va également être étendue à partir de demain aux personnes majeures présentant des comorbidités comme l’obésité, le diabète ou encore l’insuffisance rénale, a annoncé ce matin sur Franceinfo le ministre de la Santé, Olivier Véran. La vaccination sera ouverte à toutes les personnes majeures à partir du 15 juin, a précisé Emmanuel Macron aujourd’hui sur Twitter.

Comment fonctionnera le pass sanitaire français  ?

Le secrétaire d’État chargé du Numérique, Cédric O, a défendu ce matin sur Europe 1 la mise en place d’un « pass sanitaire » en France d’ici cet été, intégré à l’application mobile TousAntiCovid. Il s’appuiera sur une attestation de vaccination, un résultat de test négatif de moins de 48 heures ou un résultat de test positif datant de plus de deux semaines mais de moins de deux mois (signifiant une immunité naturelle). Cédric O a déclaré que ce pass permettrait d’accéder à de « grands événements », mais il a exclu son usage dans un cadre quotidien (au restaurant ou au musée, par exemple). Le principe de la mise en place du pass sanitaire sera débattu et voté au Parlement, a précisé le secrétaire d’État. La Cnil, l’autorité administrative indépendante chargée de contrôler la protection des données personnelles, avait déclaré le 22 avril que l’utilisation de l’application TousAntiCovid ne pouvait « constituer une condition à la libre circulation des personnes » et avait signalé qu’elle resterait « vigilante quant à l’éventuel déploiement » d’un pass sanitaire.

POUR ALLER PLUS LOIN

Le calendrier de l’assouplissement annoncé hier par Emmanuel Macron sur le site du gouvernement.