3 mai 2021

Tout s'explique

Le Premier ministre indien Narendra Modi en difficulté

Quel revers électoral a connu le parti de Narendra Modi hier ?

Le Trinamool Congress (TMC), parti au pouvoir depuis 2011 au Bengale-Occidental, un État du nord-est de l’Inde, a remporté 212 des 292 sièges de l’Assemblée législative de cette région de 91 millions d’habitants, a annoncé hier la Commission électorale indienne. Le parti nationaliste hindou du Premier ministre de l’Inde, Narendra Modi, le BJP, qui souhaitait accroître son influence dans cette région, est arrivé loin derrière, avec 77 sièges sur 292. Mukulika Banerjee, professeure d’anthropologie à la London School of Economics, estime qu’il s’agit d’un important revers électoral pour le Premier ministre indien : « C’est la première fois que Narendra Modi se consacre à 200 % à une campagne, au détriment de la gestion de la pandémie en Inde », souligne-t-elle auprès de RFI.

Quelles sont les critiques adressées à sa gestion de la pandémie de Covid-19 ?

L’Inde traverse depuis fin mars une grave deuxième vague de la pandémie de Covid-19. Plus de 370 000 nouveaux cas et 3 400 décès sont recensés chaque jour en moyenne depuis une semaine dans ce pays de plus de 1,3 milliard d’habitants, selon le ministère indien de la Santé. Srinath Reddy, président de la Public Health Foundation of India, une fondation indépendante de recherche, a déclaré à la radio canadienne CBC qu’en raison d’une baisse des cas à partir du mois de septembre, il y a eu « un abandon complet de la prudence » et « de grands événements responsables de contaminations massives », qu’ils soient politiques ou religieux, ont été autorisés. « Un discours public consistant à dire “L’Inde a vaincu le Covid” s’est installé », estime Ramanan Laxminarayan, épidémiologiste à l’université de Princeton.

Que sait-on sur le variant découvert en Inde ?

Le variant B.1.617, issu de plusieurs mutations du Covid-19, est apparu pour la première fois en Inde au mois d’octobre. Au 27 avril, il avait été détecté dans au moins 17 pays, selon l’Organisation mondiale de la santé, une agence de l’ONU, qui le catégorise à ce stade comme un « variant d’intérêt » et non un « variant préoccupant », comme c’est le cas des variants découverts au Royaume-Uni et en Afrique du Sud. Le variant découvert en Inde comprend deux mutations qui « semblent être particulièrement puissantes, parce qu’elles peuvent échapper aux anticorps », a déclaré au Monde Anurag Agrawal, directeur de l’Institut de génomique et de biologie intégrative de New Delhi. Ces variations pourraient être associées à « un risque accru de transmission du virus », selon Santé publique France, un organisme public dépendant du ministère de la Santé, qui précise néanmoins que « ces éléments ne sont pas encore formellement démontrés ». Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé jeudi soir la détection des premiers cas de ce variant en France.

POUR ALLER PLUS LOIN

Une analyse par Arte du changement politique impulsé par Narendra Modi en Inde.