11 mai 2021

Tout s'explique

Affrontements entre Israël et le Hamas

Que se passe-t-il à Jérusalem et dans la bande de Gaza ?

28 personnes, dont 10 enfants, ont été tuées depuis hier dans des bombardements israéliens sur la bande de Gaza, a affirmé cet après-midi le ministère palestinien de la Santé. L’armée israélienne a déclaré ce matin avoir mené des frappes dans la bande de Gaza en réponse au tir de plus de 200 roquettes depuis ce territoire en direction d’Israël. Elle a annoncé avoir tué 15 membres du Hamas, l’organisation politique et militaire islamiste qui contrôle la bande de Gaza. Côté israélien, deux femmes ont été tuées par deux projectiles tirés depuis la bande de Gaza contre la ville balnéaire israélienne d’Ashkelon. Le Hamas a commencé à frapper le territoire israélien hier soir en représailles aux incidents qui ont fait plusieurs centaines de blessés chez les Palestiniens à Jérusalem hier.

Quelles sont les causes de ces violences ?

Les tensions entre Palestiniens et Israéliens se sont accrues vendredi soir, donnant lieu à des affrontements qui ont fait plusieurs centaines de blessés. Plusieurs dizaines de milliers de Palestiniens s’étaient rassemblés sur l’esplanade des Mosquées, dans la vieille ville de Jérusalem, pour la dernière prière du vendredi avant la fin du ramadan, un mois de jeûne annuel dans la religion musulmane. Une partie d’entre eux ont manifesté pour dénoncer un projet d’expulsion de familles palestiniennes de la partie orientale de Jérusalem au profit de l’implantation de résidents israéliens et ont affronté la police israélienne. Les violences ont repris hier alors qu’Israël célébrait la « Journée de Jérusalem », qui commémore sa prise de la partie orientale de la ville en 1967. Les organisateurs d’une marche de jeunes Israéliens qui devait dans ce cadre passer par la vieille ville ont annulé l’événement après la décision de la police d’en modifier le parcours pour des raisons de sécurité.

Qu’est-ce que le « statu quo » sur les lieux saints de Jérusalem ?

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est déclaré dimanche « profondément préoccupé » par les violences à Jérusalem-Est et a demandé que « le statu quo des lieux saints soit maintenu et respecté ». Ce « statu quo » découle d’une décision prise en 1967 par le ministre israélien de la Défense Moshe Dayan à l’issue de la guerre des Six Jours qui a permis à son pays de s’emparer de la partie orientale de Jérusalem. Celle-ci abrite l’esplanade des Mosquées, un lieu sacré pour les musulmans, mais également pour les juifs puisqu’elle se situe à l’ancien emplacement du Temple de Jérusalem. Pour limiter les tensions, Moshe Dayan a décidé de laisser l’administration de l’esplanade des Mosquées à la Waqf, une fondation pieuse jordanienne. Les juifs et les autres non-musulmans ne sont autorisés à s’y rendre qu’à des horaires précis et ont interdiction d’y prier.

POUR ALLER PLUS LOIN

Une présentation de l’esplanade des Mosquées par The Times of Israël.