20 mai 2021

Tout s’explique

La Russie préside le Conseil de l’Arctique

Qu’a annoncé le Conseil de l’Arctique aujourd’hui ?

Le Conseil de l’Arctique, une organisation qui réunit les huit pays bordant l’océan Arctique, dont les États-Unis et la Russie, et six associations représentant les peuples autochtones, a adopté aujourd’hui son premier plan stratégique, lors d’un sommet en Islande. Il fixe les orientations pour les 10 prochaines années afin de « promouvoir le développement durable, la protection de l’environnement et la bonne gouvernance dans l’Arctique ». La température moyenne annuelle dans cette région a augmenté de 3,1 °C entre 1971 et 2019, contre 1 °C pour l’ensemble de la planète, selon un rapport publié aujourd’hui par un groupe de travail du Conseil de l’Arctique. La Russie a pris aujourd’hui la présidence tournante de l’organisation pour deux ans. Lundi, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a affirmé le droit de la Russie de défendre militairement la région, déclarant : « Ce sont nos terres, notre territoire. »

Quel est le rôle du Conseil de l’Arctique ?

Créé officiellement en 1996, par la déclaration d’Ottawa, le Conseil de l’Arctique est un forum intergouvernemental promouvant la coopération entre les États de la région, mais aussi avec les peuples autochtones. Plusieurs groupes de travail produisent des rapports scientifiques, notamment sur les questions climatiques, sur la biodiversité et sur la situation des près de 4 millions de personnes qui vivent sur ces territoires. En 25 ans d’existence, les travaux du Conseil de l’Arctique ont conduit à la signature de trois accords juridiquement contraignants, portant sur la coordination des interventions de sauvetage dans la région, la lutte contre la pollution par les hydrocarbures et le renforcement de la coopération scientifique.

Pourquoi les territoires de l’Arctique sont-ils disputés ?

Les territoires de l’Arctique regorgent de ressources comme le gaz, le pétrole, les poissons ou encore l’eau douce. Selon une note de Florian Vidal, chercheur à l’Institut français des relations internationales, un centre de réflexion, les territoires arctiques de la Russie sont actuellement à l’origine de 20 % du PIB (la production totale de biens et services) national, grâce à la présence d’hydrocarbures. Avec la fonte des glaces provoquée par le réchauffement climatique, de nouvelles routes maritimes s’ouvrent dans la région. C’est par l’Arctique que passe celle qui permet de relier les océans Atlantique et Pacifique en longeant la Russie. Florian Vidal explique qu’en 2020, 30 millions de tonnes de marchandises ont été transportées par ce passage, contre 7 millions en 2016. L’intérêt stratégique de ces territoires pousse également les États frontaliers à y déployer des infrastructures militaires.

POUR ALLER PLUS LOIN

Une carte de 2018 de Courrier international sur les enjeux de l’Arctique.