21 mai 2021

Tout s'explique

Le gouvernement mise de nouveau sur les trains de nuit

Quelle décision le gouvernement a-t-il prise concernant les trains de nuit ?

Le train de nuit reliant Paris à Nice est arrivé ce matin avec à son bord le Premier ministre, Jean Castex, pour la reprise de cette liaison nocturne après plus de trois ans d’interruption. Dans un discours avant le départ de Paris hier soir, le chef du gouvernement a rappelé que cette réouverture s’inscrivait dans le cadre du plan de relance décidé face à la crise du Covid-19. Il a déclaré que le plan de relance comportait « un volet ferroviaire extrêmement ambitieux » pour répondre à des objectifs de « transition écologique » et de « cohésion sociale et territoriale ». Le plan de relance consacre 5,3 milliards d’euros au secteur ferroviaire, dont 100 millions pour les trains de nuit, a précisé hier Jean Castex. Le secrétaire d’État aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a ajouté hier soir qu’une liaison en train de nuit entre Paris et Tarbes serait rétablie en décembre et que d’autres lignes suivraient.

Pourquoi de nombreuses lignes ont-elles été supprimées ?

Jusqu’à hier, il ne restait plus que deux lignes de trains de nuit Intercités en France, reliant Paris à l’Occitanie et aux Hautes-Alpes. Ces lignes et le Paris-Nice desservent une soixantaine de gares, selon la SNCF. En 1981, les trains de nuit en desservaient 550, selon le site spécialisé Trains directs. Sous la présidence de François Hollande, l’État avait arrêté de subventionner six des huit dernières lignes de trains de nuit Intercités. Un rapport rendu en 2015 par une commission composée de parlementaires, d’élus régionaux et d’experts avait conclu que les « trains d’équilibre du territoire », catégorie incluant les trains de nuit Intercités, ne répondaient « plus aux besoins de mobilité des voyageurs ». En 2018, en réponse à la question d’une sénatrice, le ministère chargé des Transports déclarait que la fréquentation des trains de nuit avait diminué de 25 % entre 2011 et 2015 et que « chaque billet vendu nécessitait plus de 100 euros de subventionnement public en moyenne ».

Comment la stratégie de l’exécutif a-t-elle changé concernant les transports ?

« La réponse aux défis de notre territoire n’est pas aujourd’hui d’aller promettre des TGV ou des aéroports de proximité à tous les chefs-lieux de département de France », déclarait Emmanuel Macron en juillet 2017. Fin avril, Jean Castex a toutefois annoncé que l’État allait s’engager à financer à hauteur de 4,1 milliards d’euros une ligne à grande vitesse (LGV) entre Bordeaux et Toulouse. Il a également promis la participation de l’État au financement de la LGV Montpellier-Béziers. Quelques jours plus tôt, la préfecture de Provence-Alpes-Côte d’Azur a annoncé un accord entre l’État et les collectivités locales pour le financement d’une ligne à grande vitesse entre Nice et Marseille. Dans le cadre de la loi Climat, votée par l’Assemblée en première lecture le 4 mai, les députés ont décidé de supprimer les lignes aériennes intérieures en cas de solution alternative en train de moins de 2h30.

POUR ALLER PLUS LOIN

Une vidéo de l’INA sur les trains de nuit.

Une carte des trains de nuit Intercités [PDF] sur le site de la SNCF.