27 mai 2021

Tout s’explique

La France reconnaît sa responsabilité dans le génocide au Rwanda

Qu’a déclaré Emmanuel Macron au Rwanda ?

En visite officielle au Rwanda aujourd’hui, Emmanuel Macron a déclaré que la France avait « un rôle, une histoire et une responsabilité politique au Rwanda » dans le génocide qui a touché la minorité tutsie en 1994 et au cours duquel plus de 800 000 personnes sont mortes selon l’ONU. S’il n’a pas présenté d’excuses, le président de la République a estimé que la France devait reconnaître « la part de souffrance qu’elle a infligée au peuple rwandais en faisant trop longtemps prévaloir le silence sur l’examen de la vérité ». Emmanuel Macron a annoncé la nomination d’un ambassadeur de France au Rwanda, un poste vacant depuis 2015. Il s’est engagé à « ce qu’aucune personne soupçonnée de crimes de génocide ne puisse échapper à la justice ». Cette visite était la seconde visite officielle d’un chef de l’État français au Rwanda depuis 1994, après celle de Nicolas Sarkozy en 2010.

Quelles sont les conclusions du rapport Duclert ?

Emmanuel Macron avait annoncé en 2019 la création d’une commission de neuf chercheurs et historiens chargée d’étudier les archives françaises concernant le Rwanda durant la période 1990-1994, dont certaines n’étaient jusque-là pas consultables. L’historien Vincent Duclert a remis en mars au président de la République un rapport dans lequel cette commission, qu’il préside, conclut que la France porte « un ensemble de responsabilités, lourdes et accablantes » dans le génocide au Rwanda. Elle estime que la France « est demeurée aveugle face à la préparation d’un génocide par les éléments les plus radicaux de ce régime ». Le rapport exclut cependant toute forme de complicité dans le génocide, même s’il note que la France s’est « longuement investie au côté d’un régime qui encourageait des massacres racistes ».

Quelles sont les relations entre la France et le Rwanda  ?

La France a noué des liens avec le Rwanda, ancienne colonie belge, dans les années 1960, dans le cadre de la francophonie. Le génocide des Tutsis a fortement affecté leurs relations. Paul Kagame, président du Rwanda depuis 2000, a longtemps dénoncé le rôle qu’y a joué la France. En 2006, il a rompu les relations diplomatiques avec elle après qu’un juge français a signé des mandats d’arrêt contre certains de ses proches. Ce juge enquêtait sur l’attentat contre le président rwandais Juvénal Habyarimana qui a précédé le génocide de 1994 et dans lequel plusieurs Français sont morts. Les relations entre les deux pays se sont depuis améliorées. En 2018, la Rwandaise Louise Mushikiwabo, appuyée par Emmanuel Macron, a été élue à la tête de l’Organisation internationale de la francophonie, qui compte une cinquantaine d’États membres. Au niveau économique, le commerce entre la France et le Rwanda est « faible », selon la Direction générale du Trésor, une branche du ministère de l’Économie.

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