4 juin 2021

Tout s’explique

La Chine interdit les hommages aux victimes de Tiananmen

Comment s’est déroulée la journée d’hommage aux victimes de Tiananmen à Hong Kong ?

Cette année, comme en 2020, les rassemblements en hommage aux manifestants tués place Tiananmen, à Pékin, par l’armée chinoise le 4 juin 1989 ont été interdits à Hong Kong, officiellement en raison de la pandémie de Covid-19. Le pouvoir central chinois a renforcé l’an dernier son autorité sur cette région dotée d’un statut semi-autonome. Plusieurs milliers de policiers ont été mobilisés dans le territoire pour fermer l’accès au parc Victoria, où se tient traditionnellement le 4 juin une veillée en hommage aux victimes du massacre de Tiananmen, et procéder à des interpellations. Chow Hang-tung, une avocate de 37 ans, a été arrêtée ce matin pour avoir déclaré son intention de se rendre à titre personnel dans le parc Victoria. Chow Hang-tung est une des vice-présidentes de l’Alliance Hong Kong, qui organise les veillées du 4 juin dans ce parc. Elle a également invité les Hongkongais à allumer des bougies chez eux.

Comment la Chine censure-t-elle les références au massacre de Tiananmen ?

Jusqu’à 2020, les manifestations en hommage aux victimes de la répression de la place Tiananmen par l’armée, interdites dans tout le reste du territoire chinois, étaient autorisées à Hong Kong et Macao. La répression avait fait entre plusieurs centaines et plusieurs milliers de morts, selon les sources. Le Parti communiste, au pouvoir en Chine depuis 1949, tente de faire oublier cet épisode et utilise la censure pour en supprimer les références. Ainsi, cet événement est absent des manuels scolaires et les médias n’ont pas le droit d’aborder le sujet. Sur le réseau social Weibo, des modérateurs, aidés par des outils d’intelligence artificielle, bannissent les mots-clés en lien avec le massacre de Tiananmen. Chaque année, à l’approche du 4 juin, des militants des droits humains ainsi que des proches des victimes sont placés sous haute surveillance ou éloignés de Pékin.

Que souhaite faire la Chine pour améliorer son image dans le monde ?

Le président chinois, Xi Jinping, a affirmé lundi, devant des responsables du Parti communiste chinois, sa volonté de construire une image « plus fiable, aimable et respectable » de son pays à l’étranger. L’image de la Chine est en effet dégradée par son manque de transparence dans la gestion de l’épidémie de Covid-19, la répression des manifestations prodémocratie à Hong Kong ou encore la persécution des Ouïghours, une minorité musulmane, définie comme un « génocide » par l’administration Biden. La récente déclaration de Xi Jinping marque une rupture dans la diplomatie chinoise, dont les représentants, surnommés les « loups combattants » par la presse nationale, multipliaient les attaques verbales envers les opposants au régime communiste. Le gouvernement français avait critiqué l’ambassadeur chinois à Paris, en mars, pour des propos tenus sur le réseau social Twitter contre un chercheur français qu’il avait qualifié de « petite frappe » et de « troll idéologique ». Le discours d’apaisement de Xi Jinping a pour volonté d’élargir le cercle des « amis » de la Chine.

POUR ALLER PLUS LOIN

Notre article de juillet 2020 sur la loi de sécurité nationale à Hong Kong.