11 juin 2021

Tout s'explique

Emmanuel Macron annonce la fin de l’opération Barkhane au Sahel

Qu’a annoncé Emmanuel Macron sur l’opération Barkhane ?

Emmanuel Macron a annoncé hier soir la fin « en tant qu’opération extérieure » de l’opération Barkhane, qui implique des forces françaises dans la lutte contre le terrorisme au Sahel depuis 2014. Le chef de l’État a précisé que la présence française au Sahel « se traduira par un changement de modèle » : elle intégrera une alliance internationale associant les États de la région et la force européenne Takuba, un groupement de forces spéciales issues de plusieurs pays européens. Les modalités seront précisées d’ici la fin du mois, à l’issue de consultations avec l’Europe, les États-Unis et les États sahéliens. « L’engagement militaire de la France restera très significatif », a affirmé ce matin la ministre des Armées, Florence Parly, sur Franceinfo. Après le coup d’État de la junte au Mali fin mai, jugé « inacceptable » par Emmanuel Macron, le ministère des Armées a décidé la semaine dernière de suspendre ses « opérations militaires conjointes avec les forces maliennes » en attendant des « garanties » sur une restitution du pouvoir aux civils.

Quel est le bilan de l’opération Barkhane ?

L’opération Barkhane a été lancée en 2014, afin de lutter contre la menace terroriste transfrontalière au Sahel. Elle a pris la suite de l’opération Serval, qui avait repoussé une offensive djihadiste dans le nord du Mali. 5 100 militaires sont aujourd’hui déployés dans le cadre de cette opération [voir la carte], selon le ministère des Armées. En 2020, 128 opérations de combat ont été menées, selon un rapport du ministère publié en janvier. Il n’existe pas de bilan du nombre de djihadistes tués, mais plusieurs chefs de groupes djihadistes ont été éliminés, dont le fondateur d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) en juin 2020 au Mali. Depuis 2014, l’opération Barkhane a également formé 18 000 soldats du G5 Sahel, une coalition créée par les pays de la région – le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad – pour lutter contre le djihadisme. Au moins 41 militaires de l’opération Barkhane sont morts depuis 2014, selon le ministère.

Comment a évolué le contexte sécuritaire au Sahel ?

Malgré des succès, l’opération Barkhane n’a pas permis d’éradiquer la présence de groupes djihadistes au Sahel. « Les attaques perpétrées par les groupes djihadistes sont toujours plus nombreuses, leur létalité est croissante et leur zone d’influence n’a cessé d’augmenter », relevait l’Institut français des relations internationales, un centre de réflexion, en 2019, soulignant un « enlisement de la lutte antiterroriste ». Deux entités djihadistes dominent aujourd’hui au Sahel : le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), qui fédère différents groupes se revendiquant d’Aqmi, et l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), qui conduit ses activités à travers deux branches au Mali et au Nigeria. De janvier 2020 à janvier 2021, la crise sécuritaire au Sahel « a fait près de 6 500 victimes au Burkina Faso, au Mali et au Niger », a estimé en janvier l’Institut d’études de sécurité, un centre de réflexion africain.

POUR ALLER PLUS LOIN

Notre article de novembre sur l’élimination de chefs djihadistes au Sahel.