21 juin 2021

C’est leur avis

L’affirmation de la dictature iranienne

Le candidat soutenu par le régime, Ebrahim Raïssi, a remporté l’élection présidentielle en Iran organisée vendredi avec près de 62 % des suffrages exprimés. François Brousseau, chroniqueur au quotidien québécois Le Devoir, estime que ce scrutin marque une affirmation de la dictature iranienne.

« Pour la première fois dans l’histoire de la République islamique d’Iran, l’élection présidentielle de 2021 a été une pure farce, au résultat décidé et connu à l’avance. […] Ce qu’il y a d’absolument nouveau dans l’élection de vendredi, c’est que, cette fois, le “filtrage” des candidatures réformistes a été total : aux ordres du “guide suprême”, l’autorité électorale n’a à peu près rien laissé passer. Ce qui a ôté d’emblée toute signification à la consultation. Désespérés et réalistes, les électeurs réformistes ont agi en conséquence : pour la première fois, le taux de participation a glissé sous les 50 % (à 48,8 %), contre 72 % en 2017… et 85 % en 2009 ! La boucle est bouclée : l’élection présidentielle ne veut plus rien dire en Iran, où la dictature s’affirme. Ebrahim Raïssi sera un simple porte-parole obéissant du “guide suprême”… avant, peut-être, de lui succéder. » François Brousseau