5 juillet 2021

Tout s’explique

Marine Le Pen réélue présidente du Rassemblement national

Qu’a déclaré Marine Le Pen lors de sa réélection à la tête du parti ?

La présidente du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, a été réélue à ce poste hier pour un quatrième mandat, en obtenant plus de 98 % des votes des adhérents, lors du congrès du parti à Perpignan. Le nouveau premier vice-président du RN, Jordan Bardella, assurera l’intérim de la présidence à partir de septembre, tandis que Marine Le Pen lancera sa campagne pour l’élection présidentielle de 2022, a-t-elle annoncé lors d’un discours au congrès. Depuis 10 ans, « sans rien renier des lignes claires de nos convictions, nous avons su nous affranchir d’une immaturité politique peu compatible avec des ambitions nationales et donner à notre mouvement les qualités nécessaires à un parti de gouvernement », a-t-elle déclaré, ajoutant : « Nous ne reviendrons pas au Front national. » Marine Le Pen a également appelé à la mobilisation de ses électeurs en vue de ce scrutin, après la forte abstention aux élections régionales et départementales de juin.

En quoi consiste la « dédiabolisation » du Rassemblement national ?

En 1992 déjà, le Front national, devenu le Rassemblement national en 2018, cherchait à « combattre la qualification d’extrémisme » et « éviter de donner prise à la diabolisation » avec des propos racistes ou antisémites, selon une note interne du parti. Cette stratégie a été reprise par Marine Le Pen, depuis sa première élection à la tête du parti en 2011. Plusieurs cadres ont été exclus pour avoir tenu des propos racistes, xénophobes ou homophobes. Jean-Marie Le Pen, précédent président du parti, a lui-même été exclu en 2015 en raison de propos sur les chambres à gaz et de sa défense du Maréchal Pétain. Pour autant, il subsiste parmi les proches de Marine Le Pen et dans l’électorat du RN des personnes « qui flirtent ou ont flirté avec l’antisémitisme », affirmait l’historienne Valérie Igounet en 2019 sur France Inter. Le RN a attiré des responsables politiques de la droite traditionnelle, comme Thierry Mariani et Sébastien Chenu.

Comment a évolué la stratégie européenne du parti ?

Marine Le Pen a signé vendredi une déclaration commune avec une quinzaine de partis d’extrême droite ou ultraconservateurs européens, dont la Ligue de l’Italien Matteo Salvini et le Fidesz du Premier ministre hongrois, Viktor Orban, présentée comme « la première pierre » d’une alliance au Parlement européen, afin de « réformer » l’UE. La présidente du RN a dit hier espérer que cette alliance préfigurera « la constitution d’un grand groupe européen des partis souverainistes » au Parlement européen. Aujourd’hui, le RN compte 23 des 79 eurodéputés français. Alors que Marine Le Pen appelait à la sortie de la France de l’UE lors de la campagne présidentielle de 2017, elle y avait renoncé en s’alliant pour le second tour au candidat souverainiste Nicolas Dupont-Aignan. Ce revirement a été officialisé dans le programme du RN pour les élections européennes de 2019 : le RN prône désormais une réforme des institutions de l’UE, dont la suppression de la Commission européenne.

POUR ALLER PLUS LOIN

Le direct du Monde sur le discours de Marine Le Pen lors du congrès du RN.

Le processus de « dédiabolisation » du FN résumé par RTL en 2018.