20 juillet 2021

C’est leur avis

Un logiciel espion en dehors de tout cadre réglementaire

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a appelé hier soir à une meilleure réglementation des technologies de surveillance. Cet appel fait suite aux révélations du consortium Forbidden Stories sur le recours au logiciel espion Pegasus de la société israélienne NSO par plusieurs pays, dont le Maroc, la Hongrie et l’Inde, pour surveiller des journalistes. Dans un éditorial, le directeur du Monde, Jérôme Fenoglio, pointe les abus de la cybersurveillance en l’absence de régulation du secteur.

« Selon NSO, une quarantaine de pays ont fait l’acquisition de ce système. Combien d’entre eux s’en servent pour contourner l’État de droit et se livrer à des surveillances contraires au droit international ? Les enquêtes du “Projet Pegasus” conduisent à répondre “tous ou presque”, démocraties comprises. […] Contrairement à ce qu’affirment NSO comme ses clients, il n’existe quasiment aucune forme de contrôle sur l’utilisation qui est faite de Pegasus, une fois le dispositif déployé. […] La sécurité de nos concitoyens peut certes rendre nécessaires des opérations de surveillance drastiquement délimitées. Mais cet impératif ne saurait en rien justifier la violation massive et systématique du secret de nos vies et de nos échanges privés, comme de la confidentialité de nos opinions. » Jérôme Fenoglio