2 août 2021

Tout s’explique

Représailles contre une athlète biélorusse aux JO de Tokyo

Que s’est-il passé hier à Tokyo ?

Krystsina Tsimanouskaya, une sprinteuse biélorusse, a affirmé hier avoir été contrainte d’abandonner les Jeux olympiques de Tokyo, escortée à l’aéroport et menacée d’un retour forcé dans son pays d’origine avant l’intervention de la police japonaise. L’athlète a expliqué à l’agence Reuters avoir critiqué, deux jours plus tôt, la fédération biélorusse d’athlétisme sur son compte Instagram, accusant ses entraîneurs de « négligence ». L’an dernier, plus de 2 000 sportifs biélorusses avaient signé une lettre ouverte dénonçant la répression mise en place par le président Alexandre Loukachenko à l’encontre de ses opposants après l’élection présidentielle contestée d’août 2020. Le gouvernement japonais a assuré aujourd’hui que Krystsina Tsimanouskaya se trouvait « en sécurité » à Tokyo. Au moins trois pays, la République tchèque, la Slovénie et la Pologne, ont proposé d’accueillir la sprinteuse et celle-ci s’est rendue aujourd’hui à l’ambassade de Pologne à Tokyo.

Dans quelle situation se trouve l’opposition biélorusse ?

L’Union européenne a dénoncé début juillet « une répression continue » de la part du régime d’Alexandre Loukachenko « contre tous les segments de la société pour faire taire toute dissidence ». La Biélorussie compte plus de 530 prisonniers politiques, selon les services du haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères, qui dénoncent aussi « des centaines de cas documentés de torture ». L’organisation de défense des droits humains Viasna a affirmé la semaine dernière que plus de 80 associations et ONG avaient été dissoutes par les autorités ou se trouvaient en cours de dissolution en juillet. Svetlana Tsikhanovskaïa, la principale figure d’opposition, qui vit en exil en Lituanie depuis l’an dernier, a critiqué hier la « terreur internationale » mise en place par le président Loukachenko, citant le détournement, en mai, d’un avion de Ryanair qui survolait la Biélorussie. Un opposant, qui voyageait à son bord, a été arrêté.

Quelles mesures les pays occidentaux ont-ils prises contre la Biélorussie ?

Après l’élection présidentielle de l’an dernier, qualifiée de « frauduleuse » par l’UE, cette dernière a mis en place des sanctions à l’encontre d’entités ou de personnalités identifiées comme responsables de répression et de violences à l’égard de manifestants. Ces sanctions, qui comprennent un gel des avoirs et des interdictions de pénétrer sur le territoire de l’UE, ont été progressivement élargies à d’autres personnalités biélorusses. La Biélorussie « a l’habitude d’être un paria sur la scène européenne » et ne craint « pas forcément » les sanctions, a estimé, fin mai, la chercheuse Anna Colin Lebedev sur Franceinfo. L’UE a annoncé vendredi dernier qu’elle envisagera de nouvelles mesures restrictives face à « l’instrumentalisation des migrants et des réfugiés par le régime biélorusse ». Le ministre des Affaires étrangères de Lituanie a accusé le régime de Loukachenko de mener une « guerre hybride » à son encontre en facilitant le passage vers le territoire lituanien [voir la carte] des migrants souhaitant rejoindre l’Union européenne.

POUR ALLER PLUS LOIN

Notre article de mai sur les sanctions européennes.