4 août 2021

Tout s’explique

Le « plan blanc » activé en Corse et en Paca

Où en est l’épidémie de Covid-19 dans ces deux régions ?

L’Agence régionale de santé (ARS) de Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), chargée localement de l’application de la politique de santé publique, a demandé aujourd’hui aux établissements de santé de la région d’activer leur « plan blanc ». « Les indicateurs sanitaires s’aggravent de jour en jour », note l’ARS. Interrogée par Franceinfo, Carole Ichai, chef du pôle anesthésie-réanimation au centre hospitalier universitaire de Nice, l’explique par l’afflux de touristes, tout en précisant : « La situation n’est pas celle de la troisième vague, on n’est pas dans des chiffres identiques. » Au 31 juillet, la Corse et Paca étaient les deux régions ayant enregistré le plus de cas pour 100 000 habitants en métropole sur les sept derniers jours. L’ARS de Corse a également demandé l’activation du « plan blanc » régional hier. Le taux d’occupation des lits en réanimation est de 79 % sur l’île et de 83 % en Paca, selon les ARS.

En quoi consiste le « plan blanc » ?

Le « plan blanc » est un dispositif de crise qui permet à un établissement de santé de « mobiliser immédiatement les moyens de toute nature dont il dispose en cas d’afflux de patients, ou pour faire face à une situation sanitaire exceptionnelle », explique le ministère de la Santé sur son site. Depuis une loi votée en 2004, tous les établissements de santé doivent être dotés de ce dispositif. Le « plan blanc » a par exemple été déclenché lors des attentats de Paris de novembre 2015 ou de l’épidémie de grippe de 2017. « Cette mesure devra permettre aux établissements de santé de s’organiser pour proposer 100 lits supplémentaires en réanimation d’ici une semaine », a expliqué l’ARS de Paca, qui a lancé un appel aux professionnels de santé volontaires de la région Paca à renforcer les équipes soignantes. L’ARS de Corse appelle, en cas de déprogrammation de soins, à « sanctuariser » les filières urgences, cancérologie et « celles de tout patient dont le report de prise en charge induirait une perte de chance ».

Où en est la campagne de vaccination en France ?

Au 2 août, 74,3 % des personnes de plus de 12 ans vivant en France avaient reçu au moins une dose de vaccin et 62 % étaient complètement vaccinées, selon Santé publique France. Alain Fischer, le président du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, a estimé, lundi sur RTL, qu’atteindre l’immunité de groupe, soit 90 % de personnes de plus de 12 ans vaccinées, était possible « pour le début de l’automne », mais qu’il fallait encore « finir de convaincre ceux qui, pour l’instant, ne se sont pas fait vacciner ». Le Conseil constitutionnel, l’instance chargée de contrôler la conformité des lois à la Constitution, doit se prononcer demain sur le projet de loi sur le pass sanitaire. Le texte prévoit l’obligation vaccinale pour plusieurs professions en lien avec des personnes fragiles, dont les soignants et les pompiers. L’un des principaux syndicats de pompiers professionnels, opposé à cette mesure, a déposé lundi un préavis de grève nationale illimitée à partir de la semaine prochaine.

POUR ALLER PLUS LOIN

Nos graphiques sur l’épidémie de Covid-19 et sur la vaccination en France.