9 août 2021

Tout s’explique

Le Giec publie un nouveau rapport alarmant sur le climat

Quelles sont les principales conclusions du rapport ?

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), mis en place par l’ONU en 1988, a publié ce matin la première partie – sur trois – de son sixième rapport sur le changement climatique. Ce document, approuvé par 195 pays, dresse un état des lieux alarmant du climat. « Bon nombre des changements observés dans le climat sont sans précédent depuis des milliers, voire des centaines de milliers d’années », note le communiqué du Giec. Les auteurs du rapport ont calculé que les émissions de gaz à effet de serre produites par l’activité humaine étaient responsables d’une hausse des températures de 1,1 degré depuis 1850-1900. Les événements climatiques extrêmes, comme les vagues de chaleur et les fortes précipitations, sont plus fréquents depuis 1950, affectant toutes les régions du monde. « Le rôle de l’influence humaine sur le système climatique est indiscutable », a déclaré Valérie Masson-Delmotte, vice-présidente du groupe d’experts ayant travaillé sur ce texte.

Qu’anticipe le rapport sur l’évolution du climat ?

Les experts du Giec estiment que certains changements sont « irréversibles » pour au moins plusieurs siècles, comme la montée des océans due à la fonte des glaces. Les scientifiques ont élaboré cinq scénarios de changement climatique. Le plus optimiste, qui serait permis par une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre, envisage un réchauffement de 1,6 degré d’ici 2040-2060 par rapport aux températures de la seconde moitié du XIXe siècle, tandis que le plus pessimiste prévoit une augmentation de 2,4 degrés. Plus la hausse des températures sera importante, plus les événements climatiques extrêmes seront fréquents, explique le rapport. Le seuil de +1,5 degré sera vraisemblablement atteint au début des années 2030, affirme le Giec, soit 10 ans plus tôt que prévu par ses estimations de 2019. L’accord de Paris pour le climat, adopté en 2015, prévoit de limiter le réchauffement climatique sous les 2 degrés d’ici 2100, un objectif atteignable seulement dans les deux scénarios les plus optimistes du Giec.

Quelles ont été les réactions à ce rapport à travers le monde ?

À trois mois de l’ouverture de la conférence internationale sur le climat COP26 à Glasgow, en Écosse, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé à « agir de manière décisive maintenant pour éviter une catastrophe climatique ». La ministre française de la Transition écologique, Barbara Pompili, a déclaré sur Twitter : « Le monde n’a qu’un choix possible : accélérer la sortie de la civilisation fossile. La COP26 nous offre cette opportunité. » Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, dont le pays doit recevoir la COP26, a affirmé : « Nous savons ce qu’il faut faire pour limiter le réchauffement de la planète : reléguer aux oubliettes le charbon et passer à des sources d’énergie renouvelables, protéger la nature et financer le climat. » L’activiste suédoise Greta Thunberg a estimé que les « pires conséquences » étaient encore évitables, « mais pas si on continue comme aujourd’hui, pas si on ne traite pas cette crise comme une crise ».

POUR ALLER PLUS LOIN

Notre panorama sur le réchauffement climatique.

Un module de l’AFP permettant de savoir quel climat attendre dans sa commune en 2050.