17 août 2021

Tout s’explique

Haïti touché par une dépression tropicale après un important séisme

Dans quelle situation se trouve Haïti après le séisme de samedi ?

Le séisme, de magnitude 7,2, qui a touché samedi le sud-ouest d’Haïti a fait au moins 1 419 morts, selon un bilan provisoire publié ce matin par la Protection civile du pays. Elle a également recensé plus de 6 900 blessés et rapporté que plus de 84 000 maisons avaient été détruites ou endommagées. Le département le plus touché par le séisme est celui du Sud, dont le chef-lieu, Les Cayes, se situe à 160 kilomètres au sud-ouest de la capitale, Port-au-Prince. Plusieurs pays ont acheminé de l’aide ces derniers jours, comme le Mexique et la Colombie hier. Les habitants d’Haïti sont également affectés par l’arrivée la nuit dernière de la dépression tropicale Grace, qui provoque d’importantes pluies et risque de causer des inondations et des glissements de terrain, selon le National Hurricane Center, un organisme de prévision météorologique basé aux États-Unis. Le Fonds des Nations unies pour l’enfance a appelé les habitants à rester éloignés des bâtiments fissurés.

Qu’est-ce qui complique l’organisation des secours ?

Le séisme a endommagé plusieurs routes permettant d’acheminer l’aide depuis Port-au-Prince vers les régions sinistrées du sud-ouest d’Haïti. Le ministère haïtien des Travaux publics a publié hier des photos montrant des travaux en cours pour rendre accessibles les voies de circulation endommagées. L’acheminement de l’aide est également menacé par les gangs qui contrôlent une partie du pays. La route numéro 2, qui relie la capitale aux Cayes, « est perturbée par des mouvements de gangs violents », a déclaré hier à TF1 Muhamed Bizimana, directeur adjoint de l’ONG humanitaire Care en Haïti. Il a ajouté que son organisation devait ainsi utiliser le transport aérien. Plusieurs grands centres hospitaliers « ne sont plus en état de fonctionner » et « ceux qui sont opérationnels débordent face à l’afflux de patients », a expliqué dimanche à l’agence de presse Reuters le directeur de la Protection civile, Jerry Chandler.

Comment a évolué la réponse aux séismes après celui de 2010 ?

Haïti a connu en janvier 2010 un tremblement de terre qui a fait plus de 200 000 morts, selon l’ONU. Cette fois, les zones touchées sont moins peuplées. « La réponse étatique, quoique insuffisante, a été mieux coordonnée », a déclaré à La Croix Alexandre Michel, chargé de communication de l’ONG Médecins sans frontières à Haïti. « La population a eu de meilleurs réflexes qu’en 2010, selon lui. Elle a attendu avant de venir en aide aux personnes coincées dans les décombres pour se protéger de possibles chutes de bâtiments lors de répliques. » Interrogé par Marianne, le géographe haïtien Jean-Marie Théodat estime que seuls certains bâtiments publics ont été rénovés dans le respect des normes antisismiques tandis que les habitations civiles ont « reproduit les mêmes erreurs ». Selon lui, il serait préférable de construire des habitations avec du bois ou de la paille, des matériaux qui ne coûtent « pas beaucoup plus cher » et qui font moins de dégâts que les briques ou les parpaings si l’habitation s’écroule.

POUR ALLER PLUS LOIN

Notre article de juillet sur la crise politique et sociale en Haïti.

L’analyse de chercheurs sur les difficultés d’Haïti depuis 2010 dans The Conversation.