19 août 2021

Tout s’explique

Accord sur le renvoi de déchets nucléaires vers l’Allemagne

Qu’est-il prévu pour les déchets nucléaires allemands traités en France ?

L’entreprise française spécialiste du combustible nucléaire Orano a annoncé aujourd’hui avoir signé des contrats avec quatre entreprises allemandes pour le retour en Allemagne d’ici 2024 de « l’intégralité des déchets nucléaires allemands » traités et encore entreposés dans son usine de La Hague, dans la Manche. Des opérations de traitement de combustibles usés issus de réacteurs allemands ont été réalisées à La Hague jusqu’en 2008, expliquait en juin le ministère français de la Transition écologique. Un accord entre les gouvernements français et allemand a mis fin en 2011 aux expéditions de déchets nucléaires de haute activité (les plus radioactifs) de l’Allemagne vers la France et a fixé à 2024 la date maximale de renvoi vers l’Allemagne des déchets de moyenne activité à vie longue. En juin, le ministère de la Transition écologique craignait que, pour des raisons techniques, les derniers retours soient « reportés à l’horizon de la décennie 2040 ».

Comment fonctionne le traitement des déchets nucléaires ?

L’industrie de production d’électricité à base d’énergie nucléaire produit des déchets radioactifs. Environ 90 % d’entre eux sont très faiblement radioactifs ou à vie courte, c’est-à-dire qu’ils perdent la moitié de leur radioactivité en moins de 31 ans et sont presque complètement inactifs au bout de 300 ans, selon l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), un établissement public. Les 10 % restants sont traités pour en réduire les volumes et la toxicité. La grande majorité d’entre eux (96 %) peuvent être réutilisés pour fabriquer de nouveaux combustibles qui fourniront à leur tour de l’électricité, précise l’Andra. Les déchets restants, hautement radioactifs, sont vitrifiés, ce qui conduit à les emprisonner dans du verre, puis conditionnés dans des conteneurs en acier et entreposés en attente d’une solution de stockage.

De quelles solutions de stockage des déchets nucléaires la France dispose-t-elle ?

Les déchets très faiblement radioactifs ou à vie courte sont stockés en surface dans trois sites, situés dans la Manche et dans l’Aube. Le plus ancien, dans la Manche, est arrivé à saturation et ne reçoit plus de déchets depuis 1994. Vie-publique‌.‌fr, un site d’information dépendant des services du Premier ministre, note que l’un des deux autres sites « pourrait arriver à saturation autour de 2028-2029 ». L’Andra étudie une solution de stockage à faible profondeur, entre 15 et 200 mètres, pour les déchets à faible activité et à vie longue. Un autre projet, Cigéo, géré également par l’Andra à Bure, dans la Meuse, vise à stocker à 500 mètres sous terre les déchets les plus radioactifs à partir de 2035. Ce projet, a fait l’objet de nombreuses critiques d’organisations environnementales comme Greenpeace, qui lui reproche de « cacher » des déchets qui resteront dangereux « pendant des millénaires » sans possibilité de les récupérer et craint des fuites radioactives.