10 septembre 2021

Tout s’explique

Un nouveau gouvernement nommé au Liban

Qui fait partie du nouveau gouvernement ?

Un nouveau gouvernement a été formé aujourd’hui au Liban, a annoncé la présidence du pays. Le pays traverse une importante crise politique et n’avait plus de gouvernement depuis août 2020, lorsque le cabinet de Hassane Diab a démissionné après l’explosion meurtrière survenue dans le port de Beyrouth, la capitale. Après plusieurs tentatives de négociations infructueuses, le président, Michel Aoun, a chargé en juillet l’ancien président du Conseil (équivalent du Premier ministre) Najib Mikati de former un cabinet. Le nouveau gouvernement, dont les postes sont répartis à égalité entre chrétiens et musulmans, est composé de 22 ministres, dont une femme, d’un vice-président du Conseil et d’un Premier ministre, Najib Mikati. Fondateur avec son frère d’un fonds d’investissement, il est la personne la plus riche du Liban, selon le classement du magazine américain Forbes.

Comment fonctionne le système politique libanais ?

Le système institutionnel libanais est basé sur un « pacte national » non écrit, conclu en 1943, qui s’appuie sur le recensement de 1932, selon lequel le président libanais doit être un chrétien maronite, le président du Parlement un musulman chiite et le Premier ministre un musulman sunnite. « Le processus de formation des gouvernements est le plus souvent apparu extrêmement laborieux », estimait Bruno Lefort, chercheur associé à l’Institut français du Proche-Orient, à Beyrouth, dans un entretien publié en 2020 sur le site Les Clés du Moyen-Orient. Il jugeait le système confessionnel libanais « profondément en crise ». En mars, l’ancien Premier ministre Saad Hariri, qui était chargé de composer un nouveau gouvernement et prônait une équipe de spécialistes non partisans pour mener les réformes, a accusé le président libanais d’imposer une répartition « confessionnelle et partisane » des ministères.

Où en est la crise économique que traverse le Liban ?

Le Liban fait face à une grave crise économique et sociale depuis fin 2019. La valeur de la devise du pays, la livre libanaise, s’est effondrée et l’inflation a atteint quasiment 85 % en 2020 contre 3 % l’année précédente, selon la Banque mondiale, un organisme de financement du développement. L’institution estimait en juin que la crise économique et financière traversée par le Liban pourrait être l’une des « trois crises mondiales les plus sévères depuis le milieu du XIXe siècle ». Le pays connaît d’importantes pénuries d’essence, d’électricité et de produits de base depuis quelques mois, qui s’expliquent en partie par le fait que « l’essence, les médicaments et beaucoup de produits de base étaient subventionnés par l’État », explique Karim Émile Bitar, directeur de recherche à l’Iris, un centre de réflexion géopolitique, dans un article publié par L’Express en août. « L’État libanais, étant aujourd’hui en faillite, n’est plus en mesure de subventionner ces produits de base », poursuit-il.

POUR ALLER PLUS LOIN

Notre dossier de septembre 2020 sur l’instabilité politique au Liban.

Un reportage sur la crise économique au Liban diffusé en juillet par Brut.