21 septembre 2021

Tout s’explique

Les talibans en quête de reconnaissance internationale

Qu’ont annoncé les talibans ?

Zabihullah Mujahid, le porte-parole principal des talibans, des fondamentalistes islamistes au pouvoir en Afghanistan, a annoncé aujourd’hui les noms des ministres adjoints qui complètent le gouvernement intérimaire annoncé le 7 septembre. Cet exécutif reste composé exclusivement d’hommes, mais Zabihullah Mujahid a précisé qu’il incluait des membres de minorités ethniques, comme les Hazaras. Ce groupe ethnique a été persécuté par les talibans lorsqu’ils dirigeaient l’Afghanistan entre 1996 et 2001. Les talibans annonceront « bientôt » quand les collégiennes et les lycéennes pourront reprendre les cours, a déclaré leur porte-parole. Les garçons ont fait leur rentrée ce week-end. Zabihullah Mujahid a également affirmé que le gouvernement afghan avait les fonds nécessaires pour payer les fonctionnaires, dont les salaires ne sont plus versés depuis plusieurs semaines, mais qu’il avait « besoin de temps » pour le faire.

Quel intérêt les talibans ont-ils à obtenir une reconnaissance internationale ?

Le porte-parole des talibans a déclaré que les Nations unies avaient la « responsabilité » de reconnaître leur gouvernement. La reconnaissance du gouvernement des talibans est un aspect crucial pour eux, car elle conditionne l’accès aux fonds fournis par des organismes de financement internationaux comme le FMI et la Banque mondiale, qui ont suspendu leurs versements depuis la prise de pouvoir des talibans mi-août. 70 % à 80 % du budget de l’État afghan était jusqu’ici financé par des organismes internationaux, a déclaré en août Michael McKinley, ambassadeur des États-Unis en Afghanistan de 2015 à 2016, à l’agence de presse Reuters. Le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian, a dressé sur France 5 le 11 septembre une liste de conditions pour que les États européens reconnaissent le gouvernement des talibans, dont un gouvernement ouvert à d’autres forces politiques qu’aux talibans et le respect des droits humains.

Quelle est la situation humanitaire dans le pays ?

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a estimé dimanche qu’il était « vital » d’apporter de l’aide aux Afghans « pour éviter une situation catastrophique dans le pays ». Il s’inquiète de la montée des prix des denrées alimentaires provoquée en partie par la suspension des financements internationaux. Le pays subit également une période de sécheresse et les conséquences de la crise du Covid-19. « 14 millions de personnes – 1 personne sur 3 – sont au bord d’une faim sévère », a déclaré le 13 septembre le directeur exécutif du Programme alimentaire mondial de l’ONU. Réunis par l’ONU le 13 septembre, les représentants de plus de 90 États se sont engagés à verser 1,2 milliard de dollars (environ 1 milliard d’euros) d’aide humanitaire à l’Afghanistan.

POUR ALLER PLUS LOIN

Notre dossier sur les talibans.