22 septembre 2021

Tout s’explique

Le gouvernement présente le projet de loi de finances pour 2022

Que prévoit le projet de loi de finances pour 2022 ?

Le gouvernement a présenté ce matin en Conseil des ministres le projet de loi de finances (PLF) pour 2022, soit le budget prévisionnel de l’État. Il prévoit des dépenses de près de 455 milliards d’euros en 2022, en baisse de 40 milliards d’euros par rapport à 2021. Parmi ces dépenses, les dépenses pilotables, c’est-à-dire celles sur lesquelles l’État dispose d’une marge de manœuvre, sont en hausse de près de 12 milliards d’euros. « Ce projet de loi de finances consacre des augmentations importantes des ministères » de la Justice, de l’Intérieur et de l’Éducation, a expliqué ce matin Olivier Dussopt, le ministre délégué chargé des Comptes publics. Du fait de la reprise économique, qui permet d’augmenter les recettes fiscales, et de l’arrêt des mesures de soutien prises dans le cadre de la crise liée au Covid-19, qui réduit les dépenses, le gouvernement prévoit l’an prochain un déficit budgétaire de 143 milliards d’euros, en diminution de 54 milliards d’euros par rapport à 2021.

Quelles critiques sont formulées contre le PLF 2022 ?

Dans un avis publié ce matin, le Haut Conseil des finances publiques, un organisme indépendant chargé d’apprécier le réalisme des prévisions du gouvernement et leur compatibilité avec les engagements européens, a fustigé un PLF 2022 « incomplet ». Il souligne que le texte n’intègre pas des « mesures d’ampleur » annoncées ces derniers mois par le gouvernement comme la création d’un « revenu d’engagement » pour les jeunes. « Le Haut Conseil n’est pas à ce stade en mesure de se prononcer sur la plausibilité de la prévision de déficit pour 2022 », souligne-t-il. « On augmente la dépense, sans faire aucune réforme structurelle », a dénoncé aujourd’hui sur Public Sénat Damien Abad, le président du groupe LR à l’Assemblée nationale. Interviewé aujourd’hui par Franceinfo, Mathieu Plane, économiste à l’OFCE, le centre de recherche en économie de Sciences Po, considère que le dernier PLF d’un quinquennat n’est traditionnellement pas celui « de l’austérité », ni celui où le gouvernement redresse « les comptes publics en augmentant les impôts et en réduisant significativement la dépense ».

Comment est financée la dette publique ?

Le PLF 2022 prévoit que la dette publique atteigne 114 % du PIB (la production totale de biens et services) l’an prochain. Lorsque les dépenses de l’État sont supérieures à ses recettes, il doit emprunter de l’argent. La dette publique est ainsi la somme des emprunts non remboursés contractés année après année par les administrations publiques. Contrairement aux ménages, l’État n’emprunte pas auprès des banques, mais sur les marchés financiers, et peut émettre de nouveaux titres pour rembourser ses dettes arrivées à échéance. Depuis 2001, c’est l’Agence France Trésor (AFT), un service du gouvernement, qui gère la dette de l’État. Elle émet sur les marchés des titres de dette, en particulier des obligations, achetés par des investisseurs tels que les banques et les compagnies d’assurances. Le taux d’intérêt auquel l’AFT emprunte actuellement est extrêmement bas. Par exemple, le taux des emprunts à 10 ans était lundi de 0,02 % contre 2,63 % le même jour 10 ans plus tôt, selon les données de l’AFT.

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