24 septembre 2021

Tout s’explique

Le Royaume-Uni rencontre des problèmes d’approvisionnement

Quels problèmes d’approvisionnement d’énergie le Royaume-Uni rencontre-t-il ?

Le groupe britannique BP a annoncé hier à l’AFP qu’un « petit nombre » de ses stations essence au Royaume-Uni étaient « fermées temporairement à cause de pénuries de carburant sans plomb et diesel ». L’entreprise affirme « subir des problèmes d’approvisionnement », causés par « des retards de livraison à cause du manque de chauffeurs de camion ». Le groupe américain ExxonMobil a déclaré que certaines de ses 200 stations britanniques Esso étaient elles aussi concernées par ce problème. Depuis plusieurs semaines, le Royaume-Uni fait également face à une hausse « sans précédent » des prix du gaz et de l’électricité, selon le régulateur britannique de ces marchés, l’Ofgem. « Les prix sont six fois supérieurs à ce qu’ils étaient il y a un an. Ils ont augmenté de 70 % en août », a déclaré hier le président de l’Ofgem. Hier, deux fournisseurs d’énergie ont annoncé qu’ils étaient contraints de cesser leur activité, car ils se retrouvaient à vendre à perte.

Dans quelle mesure ces problèmes sont liés au Brexit ?

Depuis la fin de la période de transition post-Brexit au 1er janvier, le Royaume-Uni peine à recruter dans certains secteurs comme celui des transports. L’association de transporteurs RHA a estimé hier qu’il manque 100 000 chauffeurs routiers et qu’environ 20 000 sont partis depuis le Brexit, en raison du changement des règles concernant l’immigration, beaucoup d’entre eux étant étrangers. Mais la pandémie de Covid-19 est également en cause dans cette pénurie de main-d’œuvre, selon la RHA, en raison de la fermeture des centres de formation des chauffeurs et du retour dans leur pays de certains d’entre eux pour les différents confinements. Le ministre britannique des Transports a déclaré aujourd’hui que les difficultés d’exercice et le manque de valorisation financière du métier étaient également en cause. Selon lui, le Brexit a au contraire « fourni une part de la solution », en donnant la possibilité au pays de s’extraire des règles européennes pour « accélérer la formation des routiers ».

Quelle est la situation dans le reste de l’Europe ?

La plupart des pays d’Europe font face comme le Royaume-Uni à une flambée des prix de l’énergie. « Ces dernières semaines, les prix de l’électricité en Europe ont atteint leur plus haut niveau de la décennie », a déclaré mardi l’Agence internationale de l’énergie. Cette hausse est en grande partie due à la « reprise économique mondiale » et à des niveaux de stockage européens « au plus bas depuis des années », qui maintiennent « le marché particulièrement sensible aux problèmes de maintenance », explique la Commission de régulation de l’énergie, une autorité administrative indépendante française. En France, le tarif réglementé du gaz fixé par l’État a augmenté quasiment chaque mois depuis le début de l’année, avec une hausse de 10 % en juillet et de 8,7 % en septembre. Plusieurs pays ont donc pris des mesures pour venir en aide aux ménages affectés par cette hausse des prix. En France, le gouvernement a annoncé la semaine dernière la distribution d’un « chèque énergie » de 100 euros pour 5,8 millions de foyers.

POUR ALLER PLUS LOIN

Le site officiel pour vérifier son éligibilité au « chèque énergie ».