27 septembre 2021

Tout s’explique

Le parti social-démocrate arrive de peu en tête des législatives allemandes

Quels sont les résultats des élections organisées hier ?

Le parti social-démocrate SPD (centre gauche) est arrivé de peu en tête des élections législatives organisées hier en Allemagne, avec 25,7 % des voix, selon des résultats quasi définitifs annoncés ce matin par la commission électorale [voir l’infographie de l’AFP]. Les partis conservateurs alliés CDU et CSU arrivent en deuxième position, avec 24,1 % des suffrages. Aux précédentes élections de 2017, ils avaient obtenu 33 % des voix. Les principaux candidats à la chancellerie, le ministre des Finances, Olaf Scholz, membre du SPD, et le président de la CDU, Armin Laschet, soutenu par la chancelière, Angela Merkel, ont chacun annoncé souhaiter former et diriger la future coalition gouvernementale. L’actuelle coalition au pouvoir réunit la CDU-CSU et le SPD. Les Verts ont obtenu 14,8 % des voix, en nette progression par rapport à 2017, lorsqu’ils avaient obtenu 8,9 % des suffrages, et les libéraux du parti FDP sont pratiquement restés stables par rapport à 2017, avec 11,5 % des suffrages. Le parti d’extrême droite AfD a reculé, passant de 12,6 % des voix à 10,3 %.

Comment expliquer le score de la CDU-CSU ?

La CDU-CSU a enregistré le pire score de son histoire à des législatives. Sur RFI, Paul Maurice, chercheur à l’Institut français des relations internationales, un centre de réflexion, identifie plusieurs raisons, à commencer par « une usure du pouvoir » de la CDU-CSU, « qui gouverne l’Allemagne depuis 16 ans ». Il estime aussi qu’Armin Laschet est « un candidat qui a fait une très mauvaise campagne ». Le candidat conservateur, président de la CDU depuis janvier, avait été filmé en train de rire lors d’une cérémonie en hommage aux victimes des inondations ayant frappé l’Allemagne en juillet. La chancelière, Angela Merkel, lui a apporté son soutien tardivement dans la campagne. Interviewée sur la radio suisse RTS ce matin, l’historienne Hélène Miard-Delacroix juge que la CDU-CSU est aujourd’hui « divisée » et ne se trouve « pas en position de force dans les négociations pour former une future coalition de gouvernement ».

Quelles sont les possibles coalitions de gouvernement ?

Pour la première fois de l’histoire de l’Allemagne réunifiée, la coalition gouvernementale devra être composée de trois partis, puisque les deux partis arrivés en tête (le SPD et la CDU-CSU) n’obtiennent pas la majorité au Bundestag, la chambre basse du Parlement allemand. Plusieurs options de coalitions se présentent, matérialisées par des surnoms souvent inspirés de couleurs de drapeaux étrangers. La « kenyane » réunirait ainsi la CDU-CSU (noir), le SPD (rouge) et les Verts. La « jamaïcaine » associerait la CDU-CSU, les Verts et le parti libéral FDP (jaune). L’option « feu tricolore » réunirait quant à elle le SPD, le FDP et les Verts. Selon le chercheur Paul Maurice, le FDP et les Verts « pourront peser dans les négociations face à la CDU ou face au SPD ». Les précédentes négociations pour former une coalition gouvernementale fin 2017 et début 2018 avaient duré plus de quatre mois. Au terme des négociations, le Bundestag élit, sur proposition du président allemand et à la majorité absolue, le chancelier fédéral.

POUR ALLER PLUS LOIN

Le détail des possibles coalitions gouvernementales sur L’Express.

Un article du Monde expliquant les particularités des élections allemandes.