28 septembre 2021

Tout s’explique

Sanofi renonce à son vaccin à ARN messager contre le Covid-19

Qu’a annoncé Sanofi ?

Le laboratoire pharmaceutique français Sanofi a annoncé aujourd’hui l’arrêt du développement de son vaccin à ARN messager contre le Covid-19, estimant que celui-ci arriverait trop tardivement sur le marché. « Les vaccins à ARN messager contre le Covid-19 sont largement disponibles aujourd’hui », a expliqué Sanofi à B‌r‌i‌e‌f‌.‌m‌e, ajoutant que la poursuite de son essai clinique « ne répondrait pas à un besoin de santé publique ». Deux vaccins à ARN messager contre le Covid-19 sont aujourd’hui commercialisés : ceux de Pfizer-BioNTech et de Moderna. Estimant que les résultats intermédiaires de son essai clinique étaient malgré tout satisfaisants, Sanofi entend poursuivre ses recherches visant à mettre au point « un arsenal de vaccins à ARN messager pour une prochaine pandémie, pour de nouvelles pathologies », a affirmé aujourd’hui le vice-président de la branche vaccins de Sanofi à l’AFP. Le laboratoire a également annoncé la poursuite de l’essai clinique de son candidat-vaccin contre le Covid-19 reposant sur une technique différente de l’ARN messager.

Quels autres projets de vaccins à ARN messager existent ?

Sanofi a lancé en juin la première phase d’un essai clinique aux États-Unis sur un vaccin à base d’ARN messager contre la grippe saisonnière, en partenariat avec Translate Bio, une entreprise américaine spécialisée dans cette technologie. Le laboratoire français a également annoncé en juin la création d’un centre dédié au développement des vaccins à ARN messager « contre un plus grand nombre de maladies infectieuses », avec un investissement annuel de près de 400 millions d’euros. D’autres vaccins à ARN messager contre la grippe sont actuellement en cours d’essai clinique : un de la société américaine Moderna et un autre de la société américaine Pfizer. Moderna participe également à un essai clinique international d’un vaccin à ARN messager contre le sida, présenté fin août. La société allemande BioNTech a annoncé en juin le lancement de la deuxième phase d’un essai clinique pour un vaccin contre le cancer.

En quoi consiste cette technologie ?

Les vaccins à ARN messager reposent sur l’injection d’un acide ribonucléique (ARN) messager. Cette molécule donne aux cellules le moyen de « fabriquer elles-mêmes le composant contre lequel notre organisme va apprendre à se défendre », explique l’Inserm, un institut de recherche médicale public, sur son site. Contrairement aux vaccins classiques, ces vaccins à ARN messager n’incorporent pas d’agent infectieux, mais des instructions génétiques permettant à l’organisme de fabriquer lui-même une fraction inactive du virus, puis les anticorps. Les vaccins à ARN messager, jamais utilisés chez les êtres humains avant ceux contre le Covid-19, ont pour avantage des temps de mise au point et de fabrication plus courts et plus faciles que les vaccins classiques. Ils impliquent toutefois un stockage à très basse température en raison de la fragilité des molécules d’acide ribonucléique.

POUR ALLER PLUS LOIN

Notre dossier de décembre 2020 sur le développement des vaccins à ARN messager.

Des explications de l’Inserm sur les particularités des vaccins à ARN messager.