1er octobre 2021

Tout s’explique

Un « bouclier tarifaire » pour faire face à la hausse des prix de l’énergie

Qu’a annoncé le Premier ministre sur les prix de l’énergie ?

Le Premier ministre, Jean Castex, a annoncé hier soir sur TF1 la mise en place d’un « bouclier tarifaire » pour « prémunir » les ménages français contre de nouvelles hausses des tarifs du gaz et de l’électricité. Après l’augmentation aujourd’hui de 12,6 % du tarif réglementé du gaz, un gel des prix sera mis en place pour « tout l’hiver prochain », a précisé Jean Castex. Le gouvernement table sur une baisse des prix du gaz sur les marchés à partir d’avril 2022. Mais cette baisse ne sera pas répercutée intégralement, afin de lisser l’augmentation du prix sur toute l’année. Concernant l’électricité, le gouvernement s’engage à ce qu’il n’y ait pas de hausse des prix d’ici la fin de l’année et à limiter à 4 % leur augmentation début 2022. Le gouvernement avait déjà annoncé en septembre le versement d’une aide financière de 100 euros supplémentaires sous la forme d’un « chèque énergie » en décembre aux 6 millions de ménages aux revenus les plus modestes.

Pourquoi le tarif réglementé du gaz augmente-t-il aujourd’hui ?

Les tarifs réglementés de l’électricité et du gaz sont fixés par les pouvoirs publics. Selon la loi, ils doivent couvrir les coûts du fournisseur historique qui les commercialise, principalement EDF pour l’électricité et Engie pour le gaz. Ils diffèrent des tarifs libres qui peuvent être pratiqués depuis l’ouverture à la concurrence en 2007. L’augmentation du tarif réglementé du gaz de 12,6 % en ce mois d’octobre – après celles d’avril, de juillet, d’août et de septembre – résulte « de la hausse, historique, des prix du gaz sur le marché mondial qui se répercute sur les coûts d’approvisionnement du fournisseur », explique la Commission de régulation de l’énergie (CRE), une autorité administrative indépendante. Or la France « importe 99 % de sa consommation de gaz naturel », ce qui l’expose à ces variations de prix, précise la CRE. Environ 3 millions de foyers payent leur gaz au tarif réglementé, selon la CRE. La disparition de ce tarif est prévue par la loi en 2023 pour le gaz.

Comment la France s’approvisionne-t-elle en énergie ?

Selon le dernier bilan énergétique de la France publié en janvier par le ministère de la Transition écologique, 54,6 % de l’énergie consommée en France en 2019 était produite sur le territoire. Il s’agit à 78 % d’énergie nucléaire, à 22 % d’énergies renouvelables et pour moins de 1 % de pétrole et de gaz. La Norvège est le principal fournisseur de gaz de la France, devant la Russie et le Nigeria, selon le rapport. Le taux d’indépendance énergétique de la France (différence entre la production et la consommation d’énergie) a baissé de 0,6 point entre 2018 et 2019, en raison de la moindre production nucléaire et hydraulique. Il évolue relativement peu depuis le début des années 1990, souligne le rapport du ministère de la Transition écologique. L’État s’est engagé à travers la loi sur la Transition énergétique de 2015 à renforcer son indépendance énergétique grâce à ses investissements dans la rénovation énergétique des bâtiments ou le développement de la production de biogaz.

POUR ALLER PLUS LOIN

Le bilan énergétique de la France de 2019 sur le site du ministère.

Les explications de la CRE sur la hausse du tarif réglementé du gaz.