18 octobre 2021

Tout s’explique

Un accord préliminaire pour une coalition gouvernementale en Allemagne

Quels partis sont parvenus à un accord ?

Après avoir organisé des consultations avec leurs cadres, le parti social-démocrate SPD, le parti libéral FDP et les Verts ont approuvé tour à tour entre vendredi et aujourd’hui l’engagement de négociations officielles en vue de former une coalition gouvernementale. Les candidats à la chancellerie des trois partis, dont Olaf Scholz, actuel ministre des Finances et candidat du SPD, avaient annoncé un accord préliminaire vendredi appuyé par un document programmatique en 10 points. Le SPD est arrivé en tête des élections législatives organisées fin septembre, obtenant 206 sièges sur 736 au Bundestag, la chambre basse du Parlement allemand [voir la répartition]. Suivait l’union des partis conservateurs CDU-CSU, à la tête de la coalition actuellement au pouvoir et tenus à l'écart des négociations en cours. Les Verts ont obtenu 118 sièges et les libéraux du FDP en ont remporté 92. Les trois partis doivent désormais approfondir leurs discussions avant qu'un chancelier issu de cette coalition puisse être désigné par le Bundestag.

Quel programme commun ont-ils défini ?

Les trois partis ont présenté vendredi un document présentant les grandes orientations de leur programme politique. Celui-ci comprend plusieurs engagements, réunis sous 10 thématiques, comme la lutte contre le réchauffement climatique. Les trois partis voudraient par exemple « accélérer l’abandon progressif de la production d’électricité à partir du charbon » pour y parvenir « idéalement » avant 2030, contre 2038 initialement prévu par le gouvernement. Ils prévoient d’augmenter le salaire minimum à 12 euros de l’heure contre 9,60 euros actuellement, une mesure qui était réclamée par le SPD et les Verts. Ils s’engagent à augmenter les investissements dans « la protection du climat, la numérisation, la formation et la recherche ainsi que les infrastructures », tout en maintenant le frein à l’endettement prévu par la Constitution allemande, qui interdit à l’État de s’endetter au-delà de 0,35 % de son PIB par an, sauf en cas de situation exceptionnelle telle que la pandémie de Covid-19.

À quels défis économiques l’Allemagne fait-elle face ?

La semaine dernière, plusieurs instituts de recherche en économie allemands ont publié une prévision commune de croissance de 2,4 % du PIB (la production totale de biens et services) de l’Allemagne pour 2021. L’Allemagne attend une croissance bien moins élevée que les autres grands pays de l’UE, mais elle a moins souffert qu’eux de la crise du Covid-19 en 2020. L’industrie, qui représente plus d’un quart du PIB de l’Allemagne, est fortement affectée par les pénuries de composants électroniques et de matières premières. L’inflation a fortement augmenté depuis l’an dernier, en partie en raison de la hausse des prix de l’énergie, s’établissant à 4,1 % sur un an en septembre, un record depuis 1993, selon des statistiques officielles. Le pays est également doté d’infrastructures vieillissantes et d’un « retard au niveau de tout ce qui est numérique », déclarait Bernard Keppenne, chef économiste de la banque belge CBC, à la radio RTBF fin septembre.

POUR ALLER PLUS LOIN

Le dossier de Brief.eco sur le modèle économique allemand.