21 octobre 2021

Tout s’explique

Le titre d’Evergrande s’effondre à la bourse de Hong Kong

Que s’est-il passé aujourd’hui ?

Le titre d’Evergrande, l’un des principaux groupes immobiliers de Chine, a chuté de 12,5 % aujourd’hui, lors de son premier jour de retour à la Bourse de Hong Kong. L’entreprise avait suspendu début octobre sa cotation sans donner de raison. Selon des documents publiés fin août par Evergrande, le groupe accumulait fin juin une dette de plus de 260 milliards d’euros, le plaçant face à un risque de faillite. Plusieurs manifestations ont eu lieu en septembre devant les bureaux d’Evergrande dans différentes villes de Chine, rassemblant des sous-traitants, des petits investisseurs craignant de ne pas pouvoir récupérer leur argent et des particuliers ayant acheté sur plan leur logement. Evergrande s’est massivement endetté pour financer son expansion et pour se diversifier dans d’autres secteurs, comme les véhicules électriques.

Comment réagissent les autorités chinoises ?

Les autorités chinoises, qui souhaitent assainir le secteur financier, n’ont pas annoncé leurs intentions concernant un possible sauvetage d’Evergrande. « Alors même que les autorités disposent d’un contrôle sur la totalité du secteur financier, elles ont laissé se matérialiser tout au long du mois de septembre la possibilité d’un défaut, en dépit d’un début de contagion et de statistiques économiques décevantes », constatait l’économiste François Chimits dans Le Monde début octobre. La banque centrale chinoise a toutefois mené des opérations permettant de renflouer le système bancaire depuis mi-septembre. L’objectif est d’éviter une crise alors qu’e​nviron la moitié de la dette d’Evergrande est détenue par des banques, soulignait en septembre le chercheur Philippe Aguignier dans une publication du centre de réflexion Institut Montaigne.

Dans quelle mesure le monde est-il exposé aux difficultés d’Evergrande ?

« Le risque de contagion au système financier est gérable », a assuré la semaine dernière un responsable de la banque centrale chinoise à des médias locaux. Laurence Boone, chef économiste de l’OCDE, qui réunit 38 pays parmi les plus développés du monde, a également affirmé fin septembre que « la connexion entre les marchés financiers chinois et les autres est moins grande que ce que nous voyons dans le monde occidental », jugeant que l’impact serait donc « relativement limité ». L’OCDE estime en revanche qu’un ralentissement de la croissance chinoise affecterait l’activité économique mondiale. Selon les estimations réalisées en 2020 par des économistes de l’université Harvard, aux États-Unis, et de l’université Tsinghua, en Chine, l’immobilier représente 29 % du PIB, la production totale de biens et services, de la Chine.

POUR ALLER PLUS LOIN

Une émission de France Culture sur le développement et la chute d’Evergrande.