26 octobre 2021

C’est leur avis

Le calcul politique d’Erdogan

Les ambassades de 10 pays occidentaux en Turquie qui ont publié la semaine dernière un appel à la libération de l’opposant turc Osman Kavala ont affirmé hier soir s’engager à ne pas s’immiscer dans les affaires intérieures du pays. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, avait menacé samedi d’expulser leurs ambassadeurs. Cette position est en réalité pour le chef d’État un calcul politique, analyse Didier Billion, spécialiste de la Turquie à l’Institut de relations internationales et stratégiques, un centre de réflexion, sur Franceinfo.

« Aujourd’hui, il est dans une situation de politique intérieure assez compliquée, les sondages indiquent tous des intentions de vote autour de 30 %, or la présidentielle a eu lieu il y a deux ans en Turquie. Cette défection de son électorat traditionnel s’explique par une situation économique très dégradée aujourd’hui. Donc tous les moyens sont bons, et encore une fois, Erdogan agite la fibre nationaliste pour tenter de ressouder son électorat. Et là, il avait un prétexte : le 18 octobre était le quatrième anniversaire de l’arrestation d’Osman Kavala. On comprend bien qu’Erdogan, prétextant qu’il y a une ingérence dans les affaires intérieures et notamment dans le cours de la justice turque, essaye de faire feu de tout bois pour ressouder son électorat. » Didier Billion