5 novembre 2021

Tout s’explique

L’emploi salarié poursuit sa hausse dans le secteur privé

Qu’a publié l’Insee ?

L’emploi salarié dans le secteur privé a continué d’augmenter en France entre fin juin et fin septembre pour le troisième trimestre consécutif, selon une estimation publiée aujourd’hui par l’institut national de statistiques Insee. 96 100 créations nettes d’emplois (les créations moins les destructions) ont eu lieu au troisième trimestre 2021, augmentant le nombre total d’emplois salariés dans le secteur privé de 0,5 % par rapport au trimestre précédent. « Hors intérim, l’emploi salarié privé dépasse son niveau d’avant-crise dans tous les secteurs, explique l’Insee, sauf dans l’industrie » où l’emploi reste inférieur de 1,4 % à celui d’avant la crise du Covid-19. Dans le secteur tertiaire marchand hors intérim, comme le commerce et les transports, les créations d’emplois ont augmenté plus faiblement qu’au trimestre précédent, durant lequel elles avaient connu un bond « exceptionnel », selon l’Insee.

Le nombre de demandeurs d’emploi recule-t-il en France ?

Selon des données de la Dares, le service des statistiques du ministère du Travail, publiées la semaine dernière, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi (catégories A, B et C, incluant les personnes en activité réduite) a reculé de 3,6 % sur un an. Le nombre de personnes en catégorie A (sans emploi) a baissé de 9,7 % sur la même période, selon la Dares, s’élevant à un peu plus de 3,5 millions de personnes, juste en dessous du niveau du quatrième trimestre 2019, avant la crise du Covid-19. Dans des prévisions publiées début octobre, l’Insee estimait que le taux de chômage en France s’établirait à 8 % de la population active en moyenne au deuxième trimestre 2021 et à 7,6 % aux troisième et quatrième. Des créations d’emplois au niveau national ne se traduisent pas nécessairement par une baisse du chômage. Le taux de chômage ne baisse pas si la population active augmente davantage que les créations d’emplois.

Quels secteurs sont affectés par une pénurie de main-d’œuvre ?

63 % des chefs d’entreprise dans le milieu de la restauration et 70 % des chefs d’entreprise dans le secteur du travail intérimaire connaissaient des difficultés de recrutement en septembre, selon un point de conjoncture de la Banque de France, la banque centrale française, publié le 11 octobre. La ministre du Travail, Élisabeth Borne, attribuait en septembre la pénurie de main-d’œuvre à « des secteurs dans lesquels les rémunérations ne sont pas à la hauteur des contraintes des métiers ». Aux États-Unis, 4,3 millions d’Américains ont démissionné de leur poste en août, selon le département du Travail, un record depuis 2000. Dans une chronique publiée mi-octobre par le New York Times, l’économiste américain Paul Krugman estime que « la pandémie a mené de nombreux travailleurs américains à repenser leur vie et à se demander s’il valait la peine de rester dans les emplois minables que trop d’entre eux occupaient ».

POUR ALLER PLUS LOIN

Le dossier de Brief.eco de septembre sur la pénurie de main-d’œuvre.