15 novembre 2021

Tout s’explique

La COP26 se termine sur un texte « de compromis »

Que contient le pacte de Glasgow ?

La COP26, la 26e édition d’une conférence des Nations unies sur le changement climatique, s’est terminée samedi après deux semaines de négociations à Glasgow, en Écosse (Royaume-Uni). Près de 200 pays ont accepté le pacte de Glasgow, qui contient une mention inédite des énergies fossiles : il appelle les pays à « intensifier les efforts vers la réduction progressive de l’énergie produite à partir du charbon sans systèmes de capture » de CO2 et à « l’élimination des subventions inefficaces aux énergies fossiles ». Le pacte de Glasgow a réaffirmé l’objectif mondial de limiter l’augmentation de la température moyenne en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels et de poursuivre les efforts pour la limiter à 1,5°C, contenu dans l’accord de Paris. Il appelle également les États à relever leurs objectifs actuels d’émissions de gaz à effet de serre d’ici l’année prochaine.

Pourquoi le texte est-il jugé décevant ?

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a estimé samedi lors de la clôture de la COP26 que le pacte de Glasgow était un « compromis », qui n’a pas réussi « à surmonter certaines contradictions profondes ». Il a appelé à « éliminer progressivement le charbon ». Le président de la COP26, Alok Sharma, s’est excusé samedi « pour la façon dont le processus s’est déroulé », évoquant ainsi les changements de dernière minute introduits sur la question des énergies fossiles à la demande de la Chine et de l’Inde afin de remplacer le terme de « suppression » par « réduction ». « Ils ont changé un mot, mais ils ne peuvent pas changer le signal qui sort de cette COP, que l’ère du charbon se termine », a commenté l’ONG de protection de l’environnement Greenpeace. Le ministre indien de l’Environnement a défendu samedi à la COP le « droit » pour les pays en développement « à un usage responsable des énergies fossiles ».

Comment a évolué la production de charbon dans le monde ?

Le charbon, dont la combustion est fortement émettrice de CO2, est l’une des principales énergies fossiles avec le pétrole et le gaz. Il représentait 27 % des énergies primaires (énergies fossiles, nucléaire, renouvelables) utilisées dans le monde en 2019, derrière le pétrole (33 %) et devant le gaz (24 %), selon le rapport sur les marchés mondiaux de l’énergie publié par la compagnie pétrolière britannique BP. Il s’agit de son plus bas niveau depuis 16 ans. Sa production a toutefois augmenté de 1,5 % en 2019 dans le monde, principalement en Chine et en Indonésie, alors qu’elle baisse dans les pays les plus développés. Les émissions de CO2 liées au charbon ont diminué en 2019 dans le monde de 1,8 %, portées par les baisses enregistrées aux États-Unis (-14,6 %) et dans l’UE (-18 %), alors qu’elles ont augmenté en Chine (0,7 %), selon le Global Carbon Project, un consortium scientifique international.