17 novembre 2021

Tout s’explique

Un rapport alerte sur la santé mentale des enfants

Comment la crise du Covid-19 a-t-elle affecté la santé mentale des enfants ?

Les services du Défenseur des droits, une institution chargée de défendre les personnes dont les droits ne sont pas respectés, ont rendu aujourd’hui leur rapport annuel sur les droits de l’enfant. Il est consacré cette année à la santé mentale des mineurs. La crise du Covid-19 avec les confinements, les restrictions d’accès aux lieux de culture, de sport et de loisirs et le port du masque, ainsi que l’atmosphère d’incertitude sur l’évolution de la situation, « ont eu des effets majeurs sur la santé mentale des enfants », écrivent Claire Hédon, la Défenseure des droits, et son adjoint, Éric Delemar, Défenseur des enfants. « Les troubles dépressifs ont augmenté, depuis l’altération légère de l’humeur jusqu’à l’abattement le plus profond », constatent-ils. La crise sanitaire a également « révélé l’insuffisance des réponses apportées, que ce soit en termes de repérage des difficultés, de signalement des besoins ou d’accompagnement des enfants et de leur famille », notent-ils.

Quelles recommandations les services du Défenseur des droits font-ils ?

Le rapport des services du Défenseur des droits formule 29 recommandations pour améliorer la santé mentale des enfants. Un grand nombre d’entre elles sont adressées au ministère de la Santé, pour qu’il facilite l’accès des familles à des dispositifs d’aide. Il conseille de mieux faire connaître les dispositifs d’accompagnement à la parentalité, de conforter la présence de lieux d’écoute comme les Maisons des adolescents, en en sécurisant le financement, et de faire en sorte que « tout enfant à partir de l’âge de l’école primaire puisse avoir accès à un médecin ou une infirmière scolaire et une assistante sociale dans l’enceinte de son établissement ». Pour lutter contre le harcèlement scolaire et les autres formes de violences à l’école, les services du Défenseur des droits recommandent également de rendre systématiques en classe les modules destinés à informer les enfants de leurs droits.

Pourquoi la France manque-t-elle de pédopsychiatres ?

Les services du Défenseur des droits expliquent avoir reçu de nombreuses réclamations sur « le manque de professionnels du soin et de structures adaptées ». Ils notent que « les besoins des patients en soins de pédopsychiatrie ont plus que doublé en 20 ans alors même que la démographie des professionnels de la pédopsychiatrie tend à décliner ». Le nombre de spécialistes de la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent a été divisé par deux entre 2007 et 2016, rapportait dans une note publiée en avril la Haute Autorité de santé, une autorité publique indépendante. Un rapport d’information du Sénat de 2017 observait « un problème latent d’attractivité » de la profession. Il l’attribuait en partie à un manque de formateurs et d’encadrants pour les internes et proposait de réévaluer la tarification des consultations pour « prendre en compte la réalité du temps passé à l’écoute et pour la prise en charge du mineur et de son entourage ».

POUR ALLER PLUS LOIN

Le rapport [PDF] du Défenseur des droits.

Les dispositifs de soutien à la parentalité expliqués par la Caisse d’allocations familiales.