18 novembre 2021

Tout s’explique

Un premier vol de rapatriement de migrants parti de Biélorussie pour l’Irak

Quel était l’objectif de ce vol ?

Un avion de la compagnie irakienne Iraqi Airways a décollé aujourd’hui de Minsk, la capitale de Biélorussie, en direction de l’Irak, pour y rapatrier plusieurs centaines de migrants. Le ministère irakien des Affaires étrangères avait annoncé lundi l’organisation de ce vol, ouvert aux migrants sur la base du volontariat. La porte-parole de la présidence biélorusse a déclaré aujourd’hui que 7 000 migrants se trouvaient en Biélorussie. Elle a annoncé que la Biélorussie allait œuvrer au rapatriement de 5 000 d’entre eux, « s’ils le souhaitent », et a affirmé que l’UE allait créer un « corridor humanitaire » pour les 2 000 restants. L’agence de presse biélorusse officielle Belta a annoncé cet après-midi que les deux campements de migrants à la frontière avec la Pologne avaient été évacués et que les migrants avaient été conduits dans un centre d’hébergement temporaire. L’UE accuse le régime du président biélorusse Alexandre Loukachenko d’avoir fait venir un grand nombre de migrants pour créer une crise aux frontières de l’UE en représailles aux sanctions européennes contre la Biélorussie.

Comment la Pologne réagit-elle à cette crise ?

Le ministère polonais de la Défense a annoncé ce matin l’arrestation d’une centaine de migrants qui tentaient de traverser la frontière depuis la Biélorussie. La tentative était « menée par la Biélorussie », a affirmé le ministère sur Twitter. Le gouvernement polonais a annoncé lundi que la construction d’un mur de 180 kilomètres à la frontière avec la Biélorussie commencerait en décembre. « Je ne suis pas pour une Europe qui se hérisse de barbelés ou se couvre de murs », a déclaré Clément Beaune, secrétaire d’État chargé des Affaires européennes, mardi sur France 2. Dans une interview à Franceinfo, la politologue Dorota Dakowska a estimé que « depuis les accords de Schengen, on relativise les frontières entre les pays de la zone Schengen, mais on renforce les frontières avec l’extérieur, ce qui aboutit à une conception d’Europe forteresse ».

Pourquoi la Russie est-elle accusée d’être impliquée ?

Le porte-parole de la présidence russe a appelé aujourd’hui l’Europe à arrêter « de considérer que la Russie est responsable de tous les maux », au lendemain d’une déclaration du Premier ministre britannique, Boris Johnson. Celui-ci a estimé hier que « ce serait une erreur tragique pour le Kremlin de penser qu’il y a quoi que ce soit à gagner par aventurisme militaire » aux frontières de l’Ukraine et de la Biélorussie. La semaine dernière, le Premier ministre polonais avait déjà accusé la Russie d’être le « cerveau » de « l’attaque conduite par Loukachenko », dont le président russe, Vladimir Poutine, est un allié. Lors d’une conversation téléphonique avec Emmanuel Macron lundi, Vladimir Poutine a dit comprendre « la nécessité » de mettre fin à la crise migratoire « en premier lieu par respect humain pour des migrants ainsi instrumentalisés », a déclaré la présidence française à l’AFP.

POUR ALLER PLUS LOIN

Un reportage de France 24 à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne.