9 décembre 2021

Tout s’explique

Les tensions s’intensifient autour de l’Ukraine

Qu’a déclaré le président américain ?

Le président américain, Joe Biden, a menacé hier son homologue russe, Vladimir Poutine, de sanctions économiques « comme il n’en a jamais vu » en cas d’invasion de l’Ukraine, lors d’une conférence de presse à la Maison-Blanche. Les États-Unis accusent depuis fin mars la Russie, qui a annexé en 2014 la Crimée, une région appartenant à l’Ukraine, de masser des troupes à la frontière ukrainienne. Joe Biden a écarté l’envoi de troupes américaines en Ukraine, dans la mesure où ce pays n’est pas membre de l’Otan, une alliance militaire de 30 pays, mais il a assuré qu’un « arsenal de défense » lui serait fourni en cas d’attaque. Cette déclaration intervient au lendemain d’un sommet en visioconférence entre Vladimir Poutine et Joe Biden. La présidente de la Commission européenne, Ursula Von Der Leyen, a qualifié mardi la « concentration massive » de troupes militaires russes à la frontière de l’Ukraine d’« agression contre son intégrité territoriale et sa souveraineté ».

Comment la Russie réagit-elle ?

Lors d’une conférence de presse tenue hier, Vladimir Poutine a accusé l’Ukraine de dépêcher ses troupes à leur frontière commune, assurant qu’il menait pour sa part une politique étrangère « pacifique ». Il a ajouté que la Russie était « en droit d’assurer sa sécurité ». Dans un communiqué publié un peu plus tôt, la présidence russe avait estimé que ce n’était pas la Russie, mais l’Otan qui « entreprenait des tentatives dangereuses pour prendre pied sur le territoire ukrainien ». Lors de son entretien vidéo avec Joe Biden, Vladimir Poutine a demandé des « garanties fiables » sur le fait que l’Otan, une alliance fondée en 1949 par des pays occidentaux pour faire face à la menace soviétique, ne s’étendrait pas « vers l’Est ». « Nous ne pouvons qu’être préoccupés par l’éventualité d’une admission de l’Ukraine au sein de l’Otan, car cela s’accompagnerait sans aucun doute d’un déploiement de contingents militaires, de bases et d’armements qui nous menacent », a-t-il ajouté hier.

Que s’est-il passé depuis l’annexion de la Crimée en 2014 ?

En 2014, la Russie a annexé la Crimée, une péninsule du sud de l’Ukraine. La même année, dans le Donbass, une région de l’est de l’Ukraine, une insurrection armée de séparatistes pro-russes a conduit à une guerre civile. En février 2015, la Russie, l’Ukraine et des représentants des séparatistes du Donbass ont signé les accords de Minsk. Ils prévoyaient la mise en œuvre d’un cessez-le-feu dans certaines zones du Donbass, le retrait des armes lourdes et la libération de prisonniers. Ces accords n’ont pas été pleinement mis en œuvre. Entre avril 2014 et septembre 2021, plus de 3 000 civils sont décédés en Ukraine dans le cadre de ce conflit, selon un rapport du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme publié en octobre. L’Otan a accusé la Russie d’« apporter son soutien aux rebelles dans l’est de l’Ukraine ». Depuis 2014, l’UE applique des sanctions économiques et diplomatiques à la Russie « en réponse à l’annexion illégale de la Crimée et à la déstabilisation délibérée de l’Ukraine ».

POUR ALLER PLUS LOIN

Lire notre dossier d’avril sur le conflit en Ukraine.