Tout s’explique

Les manifestations se poursuivent en Iran

  • Le mouvement de protestation en Iran donne lieu à des manifestations dans les universités et des grèves.

  • Les forces de l’ordre ont multiplié les arrestations d’étudiants et de journalistes.

  • Où en sont les manifestations en Iran ?

    De nouvelles manifestations ont eu lieu aujourd’hui en Iran contre le régime. Elles s’inscrivent dans le mouvement de protestation lancé après la mort en détention le 16 septembre de Mahsa Amini. Cette Iranienne de 22 ans avait été arrêtée à Téhéran, la capitale, par la police des mœurs en raison du port de son voile islamique jugé non conforme à la loi. L’ONG de défense des droits humains Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, a publié aujourd’hui des vidéos d’étudiants rassemblés devant leur université et de personnes présentées comme des travailleurs du secteur pétrochimique en grève. La répression des manifestations a fait au moins 185 morts en trois semaines, selon un bilan publié samedi par IHR. Samedi, le journal télévisé de la chaîne d’État iranienne a été interrompu par un piratage : pendant quelques secondes s’est affiché à l’écran un message critiquant le dirigeant iranien, l’ayatollah Ali Khamenei.

  • Quelle répression les autorités iraniennes exercent-elles ?

    L’état-major des forces armées iraniennes a demandé à ses troupes d« affronter sévèrement » les manifestants, selon un rapport publié le 30 septembre par l’ONG de défense des droits humains Amnesty International, qui s’appuie sur une fuite de documents officiels iraniens. Cet ordre explique l’usage de balles réelles contre les manifestants, analyse l’ONG. Au moins 1 200 arrestations ont eu lieu depuis le début du mouvement, selon l’ONG Center for Human Rights in Iran, basée aux États-Unis. Les forces de l’ordre iraniennes ont mené des opérations contre les relais étudiants de la protestation. La répression vise également des journalistes. 40 ont été arrêtés depuis le début des manifestations, selon une liste tenue à jour par l’organisation américaine de défense de la liberté de la presse Committee to Protect Journalists. Pour limiter la diffusion des images de manifestations, l’accès à l’Internet mobile est coupé chaque jour en fin d’après-midi et en soirée.

  • Quel usage l’Iran fait-il des étrangers emprisonnés ?

    Fin septembre, le ministère iranien du Renseignement avait déclaré que neuf ressortissants étrangers avaient été arrêtés en lien avec le mouvement de protestation actuel. Il avait précisé six pays d’origine, dont la France, l’Allemagne et la Pologne. « Les détenus sont une monnaie d’échange, un moyen de peser dans le rapport de forces avec les Occidentaux », analysait le géographe Bernard Hourcade, spécialiste de l’Iran, en 2019 dans La Croix. La ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna, a déclaré aujourd’hui sur France Inter que cinq Français étaient détenus en Iran. Les noms de quatre d’entre eux sont connus : arrêtée en 2019, la chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah a été condamnée à cinq ans de prison pour atteinte à la sûreté nationale ; arrêté en 2020, le voyageur Benjamin Brière a été condamné à huit ans de prison pour espionnage ; les syndicalistes Cécile Kohler et Jacques Paris ont été arrêtés en mai.

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