Tout s’explique

La crise énergétique au cœur du sommet européen

  • Les dirigeants de l’UE se réunissent jusqu’à demain avec pour objectif de trouver des solutions à la crise de l’énergie.

  • La France et l’Allemagne s’opposent sur plusieurs dossiers ayant trait à l’énergie.

  • Quel est l’enjeu du Conseil européen qui s’ouvre aujourd’hui ?

    Un sommet européen s’est ouvert aujourd’hui à Bruxelles, en Belgique. Il réunit jusqu’à demain le Conseil européen, soit les dirigeants des 27 États membres de l’UE. Leur principal objectif est de trouver des « mesures susceptibles de faire baisser les prix » de l’énergie, a annoncé mardi le président du Conseil européen, Charles Michel. Mais les États sont divisés quant aux solutions à privilégier. Certains pays, comme la France, souhaitent étendre au niveau de l’UE le « mécanisme ibérique », un dispositif temporaire qui permet à l’Espagne et au Portugal de plafonner les prix du gaz utilisé pour produire de l’électricité. L’Allemagne y est opposée, craignant une hausse de la consommation. Hier, le gouvernement allemand a annoncé l’annulation du Conseil des ministres franco-allemand, qui devait se tenir mercredi prochain à Fontainebleau et qui devait traiter des questions énergétiques. Il a expliqué que les parties avaient besoin de « plus de temps » pour s’accorder sur certains dossiers.

  • Quels sont les désaccords entre la France et l’Allemagne ?

    L’annulation du Conseil des ministres franco-allemand est révélatrice d’un « dialogue dysfonctionnel » entre la France et l’Allemagne, analyse Éric-André Martin, secrétaire général du Comité d’étude des relations franco-allemandes, un centre de recherche, dans Le Figaro. « On constate qu’il y a une multitude d’irritants entre les deux partenaires », ajoute-t-il. L’exécutif français a été surpris par la présentation fin septembre par le gouvernement allemand d’un plan d’ampleur – 200 milliards d’euros – visant à aider les ménages et les entreprises à faire face à la hausse des prix de l’énergie. « Si on veut être cohérents, ce ne sont pas des stratégies nationales qu’il faut adopter, mais une stratégie européenne », a déclaré Emmanuel Macron dans une interview publiée dimanche dans Les Échos. Le gouvernement allemand reproche à l’exécutif français de s’opposer au projet de gazoduc MidCat qui permettrait d’acheminer via l’Espagne du gaz en provenance d’Algérie et du gaz naturel liquéfié depuis des terminaux portuaires.

  • En quoi consiste le projet de gazoduc MidCat ?

    La France et l’Espagne ont lancé le projet MidCat (pour « Midi Catalogne ») dans les années 2000 pour relier les deux pays à travers les Pyrénées [voir une carte]. Après avoir été revu à la baisse, il avait finalement été abandonné en 2019, après un avis défavorable des régulateurs français et espagnol, estimant que ce projet ne répondait pas « aux besoins du marché ». Les difficultés d’approvisionnement en gaz en raison de la guerre en Ukraine ont incité le gouvernement allemand à défendre la relance de ce projet, avec le soutien de l’Espagne et du Portugal. Mais l’exécutif français s’y oppose. « Il y a déjà deux gazoducs entre la France et l’Espagne qui ne sont utilisés qu’à 53 % de leur capacité », a déclaré Emmanuel Macron début septembre. Il a toutefois annoncé aujourd’hui que la France allait créer avec l’Espagne et le Portugal « un corridor des énergies vertes » qui acheminera de l’hydrogène vert entre ces trois pays.

Pour aller plus loin