Tout s’explique

L’ONU alerte sur la trajectoire de réchauffement climatique

  • Les engagements actuels ne suffiront pas à limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C, selon l’ONU.

  • Le Giec a proposé des solutions en avril.

  • Quel constat l’ONU fait-elle ?

    L’ONU Climat, un organisme des Nations unies, a publié aujourd’hui un rapport alertant sur l’insuffisance des efforts de lutte contre le réchauffement climatique. Les engagements pris par les signataires de l’accord de Paris sur le climat placent le monde sur une trajectoire de réchauffement d’environ 2,5 degrés d’ici la fin du siècle par rapport aux niveaux préindustriels, affirme l’ONU. L’accord de Paris, qui fixe pour ambition de limiter le réchauffement à 1,5 °C, a été adopté en 2015 par 195 « parties » (194 pays et l’UE). Ces parties ont pris des engagements de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre (GES), qu’elles peuvent actualiser. Ces actualisations vont généralement dans le sens d’une réduction des émissions de GES, observe l’ONU. Un rapport publié en avril par le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (Giec), mis en place par l’ONU, estime qu’il faudrait réduire les émissions de GES de 43 % d’ici 2030 pour limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °C.

  • Pourquoi la limite de 1,5 °C est-elle importante ?

    Depuis 2015, tous les relevés de l’Organisation météorologique mondiale, une agence de l’ONU, montrent que la planète s’est réchauffée d’au moins 1 °C par rapport aux niveaux préindustriels. Dans un rapport publié en 2018, le Giec établissait qu’un réchauffement limité à 1,5 °C provoquerait tout de même une hausse des températures extrêmes dans de nombreuses régions ainsi qu’une augmentation de la fréquence ou de l’intensité des fortes précipitations et des épisodes de sécheresse. Le Giec notait que maintenir le réchauffement à 1,5 °C plutôt qu’à 2 °C diviserait par deux le nombre d’espèces risquant de perdre d’ici 2100 plus de la moitié de leur habitat naturel. Le nombre de personnes menacées par la montée des eaux d’ici 2100 passerait de 79 millions avec un réchauffement de 2 °C à 69 millions avec un réchauffement de 1,5 °C. Un réchauffement restreint réduirait la fréquence des incendies de forêt et la prolifération d’espèces invasives, notait également le Giec.

  • Quelles solutions avance le Giec pour réduire les émissions de GES ?

    « Dans tous les secteurs, nous disposons de solutions pour réduire au moins de moitié les émissions d’ici à 2030 », affirme le Giec dans un communiqué publié avec son dernier rapport, en avril. « Il faudra notamment réduire considérablement l’utilisation des combustibles fossiles, procéder à une électrification d’envergure, améliorer le rendement énergétique et user de carburants de substitution (tels que l’hydrogène) », ajoute-t-il. Les experts du climat mandatés par l’ONU invitent également à diminuer la consommation d’énergie, « notamment en créant des villes compactes et propices à la marche » et à favoriser les mécanismes naturels d’absorption et de stockage du carbone. Ces mécanismes naturels sont par exemple les végétaux et les océans, en particulier par le biais du phytoplancton qui absorbe le CO2, l’un des principaux gaz à effet de serre. Or le phytoplancton est menacé par l’acidité croissante des océans provoquée par le réchauffement climatique.

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