Tout s’explique

Emmanuel Macron veut développer des RER dans 10 métropoles

  • L’exécutif souhaite développer des lignes de trains urbains dans 10 métropoles, afin de soutenir la transition écologique.

  • La voiture reste le mode de déplacement privilégié pour les trajets du quotidien en France.

  • Qu’a déclaré Emmanuel Macron ?

    Emmanuel Macron a annoncé hier dans une vidéo publiée sur YouTube son ambition de développer un réseau de RER dans 10 métropoles du pays afin de « tenir notre ambition écologique ». Le RER, pour Réseau express régional, est un réseau de transport ferroviaire en commun en Île-de-France qui connecte Paris et sa banlieue. Le président a ajouté que ces trains urbains du quotidien concerneraient des agglomérations « où il y a thrombose, où il y a trop de circulation ». Le ministre des Transports, Clément Beaune, a précisé ce matin sur RMC que le calendrier, le financement et la liste des villes concernées seraient affinés d’ici le « début d’année » 2023. Le développement de ces réseaux doit avoir lieu « à l’horizon d’une décennie » selon les projets, a-t-il toutefois affirmé. Plusieurs villes, comme Strasbourg, Lille et Bordeaux, ont des projets de RER métropolitains plus ou moins avancés. À Strasbourg, la métropole a annoncé l’entrée en service de son réseau, le premier hors Île-de-France, pour le 11 décembre.

  • Quelles réactions cette annonce a-t-elle suscitées ?

    Plusieurs représentants de collectivités locales ont accueilli favorablement l’annonce d’Emmanuel Macron hier. Dans une tribune publiée fin octobre par Le Monde, 15 présidents de régions, compétentes en matière de transports interurbains [voir notre infographie], plaidaient pour des « RER métropolitains », estimant que le rail répondait aux enjeux économiques et environnementaux actuels. France urbaine, l’association des métropoles et des grandes villes, a appelé aujourd’hui à des moyens supplémentaires pour les régions, rappelant que le modèle économique des transports urbains était « fortement déficitaire et lourdement impacté par la hausse des prix de l’énergie ». Dans Le Parisien, Flavien Neuvy, économiste et élu local, doute que le RER francilien « soit réplicable partout ». « De tels chantiers impliquent des investissements considérables, qui ne peuvent être amortis que grâce à une utilisation intensive des trains qu’ils auront permis d’implanter », explique-t-il.

  • Comment sont réalisés les déplacements du quotidien en France ?

    Selon une étude de l’institut de sondages Ipsos parue en janvier, 29 % des sondés utilisaient les transports en commun pour leurs déplacements quotidiens fin 2021. 75 % des personnes interrogées déclaraient utiliser la voiture au quotidien et 44 % empruntaient les « mobilités douces » (vélo, marche, etc.). Selon la même étude, près de 90 % des habitants de zone rurale et périurbaine utilisaient la voiture, tandis que 53 % des Franciliens utilisaient régulièrement les transports en commun. La pandémie de Covid-19 a eu des conséquences sur le mode de déplacement des Français. Pendant la crise sanitaire, dans les agglomérations de 50 000 habitants et plus, plus de la moitié des habitués des transports en commun s’étaient reportés vers les mobilités douces, d’après une étude publiée fin 2021 par la Caisse des dépôts, une institution financière publique. Dans le même temps, l’autosolisme – une personne dans une voiture particulière – s’était renforcé.

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