Tout s’explique

Emmanuel Macron présente un plan pour les soignants et l’hôpital

  • Le président souhaite sortir de la tarification à l’activité.

  • 30 000 lits d’hospitalisation ont fermé depuis 2013.

  • Qu’a annoncé Emmanuel Macron ?

    Lors de ses vœux aux soignants, depuis l’hôpital de Corbeil-Essonnes, en région parisienne, le président Emmanuel Macron a présenté aujourd’hui un plan pour apporter des changements « en profondeur » au secteur de la santé. Le chef de l’État a dit vouloir « sortir de la tarification à l’activité » à l’hôpital public dès l’année prochaine. Il a déclaré que les 35 heures avaient « profondément perturbé l’hôpital ». Emmanuel Macron a proposé de « mieux rémunérer les médecins qui assurent la permanence des soins et ceux qui prennent en charge de nouveaux patients ». 600 000 patients atteints d’une maladie chronique « se verront proposer un médecin traitant d’ici à la fin de l’année » alors qu’ils n’en ont pas aujourd’hui, a assuré le président. Des professionnels de santé qui ne sont pas médecins pourront renouveler les ordonnances pour des maladies chroniques, a ajouté Emmanuel Macron.

  • Qu’est-ce que la tarification à l’activité ?

    La tarification à l’activité implique que le ministère de la Santé fixe le budget des hôpitaux en fonction d’une estimation du nombre d’actes de soin qui seront pratiqués au cours de l’année à venir. Lors de sa mise en place, à partir de 2004, cette tarification avait pour objectif d’inciter les établissements de santé à améliorer leur productivité. Auparavant, les hôpitaux disposaient chaque année d’une enveloppe de fonctionnement global, négociée avec le ministère de la Santé, sans corrélation directe avec le nombre d’actes effectués. Pour augmenter son budget d’une année à l’autre, un établissement doit – avec la tarification à l’activité – réaliser davantage d’actes médicaux ou des actes mieux rémunérés par l’Assurance maladie. Emmanuel Macron souhaite à l’avenir que le financement des hôpitaux repose sur « des objectifs de santé publique à l’échelle d’un territoire », tout en gardant « une part de rémunération à l’activité », moins importante.

  • Quelles sont les difficultés de l’hôpital public aujourd’hui ?

    Le syndicat Samu-Urgences de France, qui regroupe des soignants des services d’urgences et du Samu, dénombre au 4 janvier 32 morts « inattendues » sur les 30 derniers jours. Il s’agit de patients dont le décès n’était pas « prévisible » et qui attendaient « des soins ou une hospitalisation » aux urgences. Durant l’année 2021, près de 4 300 lits « d’hospitalisation complète » ont été fermés, selon la Drees, le service de statistiques du ministère de la Santé. Depuis fin 2013, le nombre de lits d’hospitalisation a baissé de 7,3 %, soit 30 000 lits, précise la Drees. L’organisme attribue cette diminution au manque de personnel et au développement de soins en ambulatoire (qui ne nécessitent pas de passer la nuit à l’hôpital). D’après une étude publiée en juin par la Fédération hospitalière de France, 99 % des établissements de santé publique connaissaient des difficultés de recrutement en 2021 et l’absentéisme s’élevait à 9,9 % chez les infirmiers et aides-soignants, en raison notamment d’arrêts maladie.

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