Tout s’explique

Le projet de réforme des retraites du gouvernement

  • Le gouvernement a annoncé que l’âge légal de départ à la retraite passerait à 64 ans en 2030.

  • Il souhaite porter la durée de cotisation pour obtenir une retraite à taux plein à 43 ans dès 2027 au lieu de 2035.

  • Quelles sont les principales mesures du projet de réforme des retraites ?

    Le gouvernement a présenté cet après-midi son projet de réforme des retraites. Il prévoit d’augmenter de trois mois par an l’âge légal de départ à la retraite à partir du 1er septembre. Il passerait ainsi de 62 ans actuellement à 63 ans et trois mois en 2027 et atteindrait 64 ans en 2030. La Première ministre, Élisabeth Borne, a expliqué que cette réforme visait à garantir l’équilibre du système des retraites en 2030. Le gouvernement envisage une accélération du calendrier de la réforme Touraine sur le nombre de trimestres de cotisation nécessaire pour bénéficier d’une retraite à taux plein : il serait nécessaire d’avoir cotisé 43 ans dès 2027 plutôt qu’en 2035. Le gouvernement propose d’adapter le dispositif de carrières longues pour que les personnes concernées ne soient pas obligées de travailler plus de 44 ans. Élisabeth Borne a annoncé la disparition de la plupart des régimes spéciaux (comme ceux des salariés de la RATP ou des industries électriques et gazières), qui ne s’appliqueront plus aux nouveaux embauchés. Le projet prévoit également l’augmentation de « près de 2 millions de petites retraites ».

  • Qu’est-ce que l’âge légal ?

    L’âge légal de départ à la retraite, actuellement fixé à 62 ans sauf exception, est l’âge à partir duquel les assurés peuvent bénéficier d’une pension de retraite. Elle est à taux plein s’ils ont cotisé le nombre de trimestres suffisant. Ce nombre de trimestres varie selon la date de naissance de l’assuré ; il correspond actuellement à 43 années pour les personnes nées à partir de 1973. Pour les salariés du secteur privé, le montant de la retraite de base à taux plein (hors retraite complémentaire) s’élève à 50 % du salaire brut annuel moyen calculé sur les 25 meilleures années de salaire, dans la limite d’un plafond fixé à 1 833 euros brut par mois en 2023. Il est possible de bénéficier d’une retraite à taux plein sans avoir cotisé un nombre suffisant de trimestres, mais il faut alors atteindre l’âge du taux plein pour prendre sa retraite (qui reste fixé à 67 ans dans le projet de réforme). Les personnes partant à la retraite avant cet âge du taux plein sans avoir cotisé suffisamment de trimestres bénéficient d’une pension de retraite sur laquelle est appliquée une décote définitive, c’est-à-dire une réduction proportionnelle au nombre de trimestres manquants.

  • En quoi consiste la réforme Touraine ?

    La réforme Touraine est une réforme des retraites promulguée en 2014. Elle tire son nom de la ministre socialiste des Affaires sociales d’alors, Marisol Touraine. La réforme prévoit un allongement progressif de la durée de cotisation, c’est-à-dire du nombre de trimestres nécessaire pour bénéficier d’une retraite à taux plein. Avant cette réforme, ce nombre de trimestres correspondait à 40 ans de cotisations pour les fonctionnaires et les salariés du secteur privé. Avec la réforme Touraine, la durée de cotisation requise passe à 41 ans et six mois pour les personnes nées entre 1955 et 1957 et augmente progressivement pour atteindre 43 ans pour les personnes nées après 1973. La réforme a également créé le compte personnel de pénibilité : il prend en compte dans le calcul des droits à la retraite la réduction de l’espérance de vie qui résulte d’une vie professionnelle exposée à des facteurs de pénibilité.

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