11 juin 2022

Dans B‌r‌i‌e‌f‌.‌m‌e ce week-end, la sélection dans l’enseignement supérieur, les nuances politiques, le retour de fortune de Takashi Murakami et une histoire avec une grosse chute.

On revient au début

La sélection dans l’enseignement supérieur

Les premiers résultats d’admission dans l’enseignement supérieur ont été communiqués la semaine dernière sur la plateforme en ligne Parcoursup. La phase d’admission, ouverte jusqu’au 14 juillet, « repose sur un principe de solidarité : les candidats libèrent des places au fur et à mesure qu’ils expriment leurs choix en acceptant ou refusant certaines propositions », explique le ministère de l’Enseignement supérieur sur son site. La question de l’adéquation entre le nombre de bacheliers et le nombre de places disponibles dans l’enseignement supérieur a suscité des tensions depuis une cinquantaine d’années.

Le concept

Le système français d’enseignement supérieur se répartit entre des filières sélectives, comme les sections de technicien supérieur (STS) ou les classes préparatoires aux grandes écoles, et des filières non sélectives, telles que les licences universitaires. L’entrée à l’université est toutefois conditionnée par l’obtention du baccalauréat. Celui-ci constitue ainsi le « premier grade universitaire », estiment cinq universitaires, dont le philosophe Marcel Gauchet, dans l’ouvrage collectif « Refonder l’université » publié en 2010. « Se posent alors deux problèmes combinés », estiment-ils : celui de « savoir si la réussite au baccalauréat constitue une preuve de la capacité à poursuivre des études universitaires » et celui de la capacité d’accueil de l’université, « réputée capable d’absorber sans limite les effectifs de bacheliers » alors que le nombre de ces derniers augmente d’année en année.

Les dates clés

  • 1968
    Une loi fondatrice

    Adoptée en 1968, quelques mois après la révolte étudiante de mai, la loi d’orientation de l’enseignement supérieur, dite loi Faure, du nom du ministre de l’Éducation nationale de l’époque, confère un certain degré d’autonomie aux universités et organise la participation des étudiants et des enseignants à leur gestion. « Edgar Faure parvient à convaincre Charles de Gaulle que l’une des conditions majeures pour que les universités se remettent en marche et en ordre rapidement est que l’on renonce à toute sélection à l’entrée », écrit l’historien de l’éducation Claude Lelièvre dans son blog, hébergé par Mediapart. Le général de Gaulle était pourtant favorable à une sélection, observant que « le pourcentage d’une classe d’âge obtenant un baccalauréat général avait doublé » au cours des 10 années précédentes, « passant de 10 % à 20 % », rapporte Claude Lelièvre. Ce taux dépasse les 40 % depuis 2016, selon les chiffres du ministère de l’Éducation nationale.

  • 1986
    L’échec du projet de loi Devaquet

    En juillet 1986, la France vit une période de cohabitation, avec le socialiste François Mitterrand à la présidence de la République et le gaulliste Jacques Chirac au poste de Premier ministre. Ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur, Alain Devaquet porte un projet de réforme de l’université visant à leur donner plus d’autonomie. Le texte introduit la possibilité pour les universités d’effectuer une sélection parmi les bacheliers. En novembre, alors que le texte arrive à l’Assemblée nationale, des étudiants manifestent pour réclamer son retrait, refusant la sélection à l’entrée de l’université et craignant une augmentation des droits d’inscription. La mobilisation prend de l’ampleur et des violences émaillent les manifestations. Dans la nuit du 5 au 6 décembre, un jeune homme de 22 ans, Malik Oussekine, décède sous les coups portés par des policiers chargés de disperser des manifestants. Estimant qu’une réforme ne peut se faire « que dans le calme », Jacques Chirac annonce le retrait du projet de réforme le 8 décembre.

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