18 juin 2022

Dans B‌r‌i‌e‌f‌.‌m‌e ce week-end, l’éolien en mer, la peine incompressible, des récits de reconversion professionnelle et les techniques surprenantes d’une bruiteuse de cinéma.

On revient au début

L’éolien en mer

De l’électricité a été produite pour la première fois la semaine dernière en France à partir d’éoliennes en mer, dans un parc au large de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Ce parc, qui compte actuellement 27 éoliennes, doit en totaliser 80 d’ici la fin de l’année. Elles produiront « l’équivalent de la consommation domestique annuelle de 700 000 personnes », selon EDF Renouvelables, une filiale du producteur d’électricité. L’éolien en mer est moins développé en France que chez ses voisins européens, malgré une importante façade maritime.

Le concept

L’éolien en mer, ou éolien offshore, est un mode de production d’électricité qui utilise une énergie renouvelable, le vent. Une éolienne en mer fonctionne selon le même principe qu’une éolienne terrestre : elle produit de l’électricité grâce à ses pales, qui captent la force du vent et font tourner un axe. « L’énergie mécanique ainsi créée est transformée en énergie électrique par un générateur », explique l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), un établissement public. L’avantage d’installer une éolienne en mer est que « les vents y sont plus forts et réguliers que sur terre et permettent de produire jusqu’à 60 % d’énergie en plus que pour des éoliennes terrestres », souligne EDF sur son site. « Compte tenu des fonds marins et des conditions météorologiques plus rigoureuses », l’installation des éoliennes en mer « comme les matériaux utilisés pour garantir leur résistance sont donc plus coûteux qu’à terre », pointe l’Ademe. En 2018, les pays ayant la plus importante capacité éolienne en mer installée étaient le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Chine et le Danemark, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), une organisation regroupant 31 pays parmi les plus industrialisés du monde.

Les dates clés

  • 1991
    Le premier parc éolien offshore au monde

    En 1991, le tout premier parc éolien en mer, Vindeby, est inauguré dans le sud-est du Danemark. Constitué de 11 éoliennes, il a une capacité de 5 MW, ce qui correspond à la consommation annuelle de 2 200 foyers. « Des expérimentations similaires ont lieu en Suède, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni dès les années 1990 », note Sylvain Roche, économiste à Sciences Po Bordeaux, dans sa thèse, soutenue en 2019. Il précise cependant qu’en France, l’éolien en mer paraît encore « un peu lointain » au tournant des années 2000 : « La dynamique de l’éolien en mer vient ainsi se heurter à la culture du nucléaire, élément fondamental » du système énergétique français. En 2021, le nucléaire assure toujours 69 % de la production d’électricité de la France, contre 24 % pour les énergies renouvelables, selon les chiffres de RTE, le gestionnaire de réseau de transport d’électricité. Au Danemark, 57 % de la production d’électricité en 2020 vient de l’éolien (terrestre et en mer), selon les données de l’AIE. Devenu obsolète, le parc Vindeby a été démantelé en 2017, après 26 ans d’activité.

  • 2002
    L’impact de l’éolien en mer sur l’environnement

    Un an après une directive européenne reconnaissant la « nécessité de promouvoir en priorité les sources d’énergie renouvelables », la Commission européenne, codétentrice du pouvoir exécutif de l’UE avec les États membres, lance en 2002 le projet COD, qui vise à accélérer la recherche sur l’éolien en mer et à évaluer les conséquences de son développement sur l’environnement. La Commission européenne estimera en 2005 que l’impact des éoliennes offshore sur les mammifères marins est « moins important qu’anticipé », mais que celui sur les oiseaux, en particulier migrateurs, doit être mieux étudié. Un rapport de l’école d’ingénieurs Centrale Nantes et du CNRS de 2021 sur Floatgen, un prototype d’éolienne flottante installé en France en 2017, conclura : « À ce jour, aucun effet ou impact fort n’a été relevé sur l’environnement marin. » Un autre rapport, publié la même année par le Conseil national de la protection de la nature, rattaché au ministère de l’Écologie, estimera pour sa part que les impacts « les plus importants » de l’éolien en mer « concernent les oiseaux, par mortalité directe par collision », en particulier les goélands.

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